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On ne voit bien qu'avec le c½ur, l'essentiel étant invisible aux yeux.
Tifa.________________
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Tu dois vraiment t'en aller ? Demandais-je, le regard baissé, la voix brisée par des sanglots que je tentais de dissimuler.
Il maintint son silence, prolongeant cet embarras dans lequel nous nous étions emprisonnés. Cette situation lui était pénible. Il avait redouté au moins autant que moi cette conversation, le moment où il m'annoncerait que notre histoire était terminée... alors qu'elle venait à peine de commencer. Je m'y étais préparée. Je voulais être forte, le paraître du moins pour que cette séparation lui soit moins pénible qu'à moi. Je ne voulais pas qu'il parte avec des regrets... Je m'étais juré de ne pas pleurer, de ne pas lui montrer à quelle point son absence allait me coûter. Je voulais sourire et lui laisser ce dernier cadeau, ce dernier souvenir de moi. Combien de temps allions-nous supporter cette séparation avant de véritablement rompre ? De nous faire une raison ? Mon c½ur avait déjà trouvé la réponse mais refusait de l'admettre. Il l'avait comprit et commençait à se briser de toute part. Je commençais à être vide à l'intérieur, une coquille vide où raisonnait l'écho des derniers battements de mon c½ur. Je n'étais pas sûr de pouvoir me lever le matin, je n'étais pas sûr non plus de trouver une raison de vivre. Il était mon oxygène, mon monde. Sans lui, je m'écroule. Et je sais qu'il en est de même pour lui.
Epuisée moralement, j'enroulai mes mains autour de mes bras. Inutile de compter sur une marque d'attention de sa part comme me prendre dans ses bras, ça ne ferait que compliquer cette séparation douloureuse. Je ne voulais pas. J'avais déjà la sensation d'être morte... Je ne pouvais plus prendre le risque de le regarder en face sans courir le risque de le supplier de rester à mes côtés. C'est pour ça que je le fuis depuis ce jour où j'ai découvert cette lettre. Je le fuis de toutes mes forces, je fuis son regard, ses bras, sa tendresse. Parce que je redoutais qu'au moment de nous dire adieux, je brise ses rêves et le garde auprès de moi pour l'éternité. Un seul mot de ma part aurait suffit. Son émotion est telle que j'en ai le souffle coupée. Il poussa un soupire avant de reprendre :
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J'aurais aimé qu'ils refusent ma candidature... Mon c½ur hurle de douleur. Je maudis la lune qui surplombe le village en cet instant. Une nuit étoilée... La lune scintille si fort, elle est si blanche et si belle. Elle illumine mon visage pour m'empêcher de flancher, de montrer ma détresse. Elle me pousse à me montrer forte devant lui. Être digne de lui est bien la dernière chose que je suis capable de faire en cet instant. Je veux juste fondre en larmes et me réveiller. M'extirper de ce cauchemar. Mes ongles s'enfoncent dans ma peau. La douleur arrive, j'ai mal... mais je ne me réveille pas. Désespérée, je baisse mon visage et le dissimule derrière mes cheveux longs et noir. Une chance qu'il ne se soit pas assit en face de moi. Il ne doit pas voir mes yeux rouges. Je prends sur moi et décide de répondre à sa dernière phrase, ignorant le prix de mes mots.
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Bien sûr que non ! C'est ton rêve, tu as attendu cette opportunité tellement longtemps. Tu le mérites vraiment...Bien que ça soit la vérité, je ne fus pas certaine d'être très convaincante. Son bonheur... Bien sûr que je le souhaitais, mais avec moi ! Pas aux côtés d'une autre qu'il aurait rencontré là-bas ! L'idée même qu'il puisse trouver une fille qui lui convienne mieux que moi m'est insupportable. J'ai l'impression de ne pas avoir confiance. J'ai peur qu'il m'échappe alors que je l'ai attendu si longtemps. Il est à moi ! Il est venu au monde pour moi ! D'où me vient cet élan de possessivité soudain ? Jamais ce trait n'a fait parti de mon caractère. Il l'est devenu depuis que j'ai réalisé à quel point je l'aimais. J'ai besoin de lui. De le respirer, de le toucher, de le regarder. Je me contente de peu, ça suffit à mon bonheur...
Sentant ma détresse qui était similaire à la sienne, il me ramena doucement à lui. Ses bras me réchauffaient en cette soirée glaciale.
Non, lâche-moi... Je ne veux pas avoir mal... Est-ce que c'est possible d'être plus que morte ? Dire que j'avais fait tant d'efforts pour le fuir... -
Je ne t'oublierais jamais ! Je t'aimerais éternellement ! Quelle que soit la distance, on continuera d'être ensemble !Je voulu exploser de rire en écoutant cette formule toute faite. Mais mon coeur était si lourd qu'il m'en empêcha. Si je rie, je fondrais en larme à la minute d'après. Son ton rassurant et doux m'encouragea à relever le menton très lentement. Je pus lui adresser un regard indifférent. Ses mots raisonnaient comme une promesse. Une promesse inscrite dans le ciel. Les étoiles en sont témoins. Il me jure un amour éternel.
Ca suffit ! Assez ! Ca me donne envie de vomir ! Que des mensonges ! Son regard azure me transperce et me donne des frissons. Il était si sérieux. Je lui adresse un sourire en retour, à contrec½ur.
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Eternellement... répétais-je.
Il acquiesça d'un signe de tête. Nous nous dévisageâmes silencieusement en cherchant dans le regard de l'autre une trace de ressentiment. Il n'y en avait pas dans le mien. Pourtant, lorsqu'il me répéta pour une énième fois «
je t'aime », je ne pus que sourire encore mais penser «
menteur ! ». Quand on aime, on ne quitte pas l'autre. L'amour c'est vouloir le bonheur de l'autre ? Et mon bonheur à moi ? Ca veut obligatoirement dire le laisser partir vivre sa vie loin au détriment de mon propre bonheur ?
C'est de l'égoïsme tout au plus... Pff, c'est moi l'égoïste dans l'histoire... Son regard s'emplit de tristesse. Inutile d'être aussi dupe... Il me connaît par c½ur. Personne ne me connaît aussi bien que lui. Il lit en moi comme dans un livre ouvert. Il voit ma souffrance et la ressens. Il lit mon regard impassible et mon sourire illusoire. Malgré tout il ne dit rien. Il ignore cette peine. Parce qu'il est impuissant ? Ou parce qu'il a peur d'être faible et de renoncer à son rêve pour moi ? Comment puis-je me montrer si égoïste ?
Sa main caressa ma joue tendrement et finit par emprisonner mon visage au creux de ses mains. Mes joues étaient humides. Non, elle était inondée de larme ! Je ne les ais pas sentie coulé. Il embrassa mes joues humides - sa façon de sécher mes pleurs. La chaleur de son souffle me chatouilla le cou. La douceur de ses lèvres chavire mon c½ur. Il bondit dans ma poitrine, j'ai la sensation d'être rassasiée, je vie ! En se dégageant - trop vite à mon goût - il plonge son regard dans le miens sans lâcher mon visage de ses mains douces et tendres. Je me noie dans son regard et son odeur m'enivre, me fait tourner la tête. Son visage est si proche du mien. Les mots sont inutiles lorsque nous sommes tous les deux. On se comprend par de simples gestes et le regard. Pourtant il me murmura à l'oreille, histoire que je n'en doute pas :
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Je t'aime... Nos derniers moments ensembles sont bousculés par la course du soleil qui apparaît au-delà du mont Nibel. Je supplie le temps de s'arrêter. Comme s'il avait entendu mes prières, il s'exauça. Son visage se pencha sur moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes intensivement. Doux pour commencer, il intensifia son baiser, me rappelant que nous passions nos derniers moments ensembles. Mes bras enlace machinalement sa nuque de manière à le retenir, l'empêcher de s'éloigner de moi. Je le serre, l'attire toujours plus vers moi.
Ne pars pas ! Aucun de nous de souhaite rompre ce baiser car l'arrêter signifiera le moment de se dire adieux. Mes doigts s'agrippent toujours plus fort à son débardeur blanc. Je ne respire plus, j'étouffe. Si seulement je pouvais mourir dans ses bras. Cette pensée traversa son esprit. Il me serra d'avantage jusqu'à ce qu'on perde connaissance tous les deux... Bien qu'il me promette cet amour éternel, mon c½ur avait bien comprit que notre histoire, à peine commencé après toutes ces épreuves, venaient de se terminer...
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C'est ainsi que ça s'était passé. Et maintenant sa voix continue de raisonner à ses oreilles, lui brouillant ses sens et sa capacité à réfléchir. Même après tout ce temps, ses lèvres brûlent toujours en souvenir de ces baisers fougueux. Une partie d'elle s'est volatilisé avec lui, au moment où il est monté dans ce camion qui l'a emmené loin du village, disparaissant à l'horizon parmis les plaines verdoyantes. Elle n'avait que ses yeux pour pleurer et ses souvenirs pour délirer...
« ...ifa... Tifa... »
- Quelqu'un... m'appel... ? Songea Tifa en cherchant du regard l'origine de cet appel.
Quelqu'un de proche ? Ou bien un inconnu ? Des échos empêchaient de mettre un visage sur cette voix. Des échos de paroles. Des bavardages incessants qui lui donnaient toujours l'impression que sa tête allait exploser. Ils s'intensifiaient dans son esprit jusqu'à lui donner la migraine. Des grincements et des petits chocs réguliers se mêlèrent au vacarme. Il lui sembla même percevoir de subtiles secousses en-dessous de ses pieds.
« Tifa... Tifa Lockheart... »
Il s'agissait visiblement de quelqu'un de solennel pour l'appeler ainsi par son nom de famille. Ou bien quelqu'un d'aigrie ou d'énerver ? Autour d'elle aucune trace de vie si ce n'est ce tableau déchirant dans lequel elle se voyait en compagnie l'homme de sa vie. Les dernières minutes qui composaient son bonheur volaient en éclats dans un bruit de verre brisé. Et tout ça juste devant ses yeux. Des fragments de rêves fracassés qui continuaient de tourmenter ses nuits et tiraillait la blessure de son coeur meurtrie. Nuit après nuit... cette scène lui revenait en tête. Une fois brisé, le tableau fit place au néant. «
Que quelqu'un me réveille... » Suppliait Tifa.
- MELLE LOCKHEART, ON SE REVEILLE !!!Accompagné de ce beuglement strident et pourtant très grave, s'ajouta un violent coup de choc à proximité de son visage, raisonnant à son oreille et faisant trembler le support sur lequel sa tête était posé. Prise de panique, Tifa Lockheart se redressa brusquement sur le dossier de sa chaise en poussant un hoquet de surprise. La réaction fut immédiate, une certaine quantité d'individus s'esclaffèrent autour de la jeune fille qui reprit petit à petit ses esprits un peu confus. Face à elle, un homme robuste ne lui laissa pas l'occasion de comprendre ce qui se passait.
- Melle Lockheart !! Gronda l'homme sur un ton farouche.
Maitriseriez-vous parfaitement le sujet au point de ne pas vous donner la peine de le suivre ? Si c'est le cas, vous feriez aussi bien de ne pas venir du tout !Tifa jeta un regard à la fois ahuris et abasourdie à l'homme qui jurait à son intention alors qu'elle tentait de rassembler ses esprits. Le regard de l'homme la foudroya sur place tandis que les ricanements s'élevèrent en la désignant d'office. Une nouvelle manière d'accaparer l'attention... Comme si elle avait besoin de ça en ce moment. Tous les yeux étaient braqués sur elle. Un petit rassemblement de étudiants jeunes et immatures qui la détaillait avec des sourires narquois et mesquins, avec pour seule objectif : mettre la main sur un incident destiné à les divertir, les sortir de l'ennui – ainsi que décrocher une nouvelle «
tête à claque » à humilier. Au centre de tous, il y avait cet homme qui lui donnait l'impression d'avoir commis une faute grave qui mériterait la peine de mort. Une façon très désagréable – et impolie - d'être dévisagé mais à laquelle Tifa avait finit par s'habituer – tout comme le tumulte des bruits de klaxon au petit matin devant chez elle, ou bien le chien errant qui vagabondait dans les rues en hurlant à mort, ou encore les commerçants ouvrant leurs boutiques en invitant les potentiels clients qui se levaient aux aurores. Après tout, c'est vrai ce qu'on dit : «
on s'habitue à tout ». Qui aurait cru qu'elle s'habituerait à ce genre de vie cela dit ? Pas elle en tout cas...
- Pardonnez-moi professeur... S'excusa Tifa en esquissant un sourire gêné, regroupant ses affaires en espérant que cet incident serait oublié d'ici la fin de la journée.
- C'est la troisième fois cette semaine que vous sombrez pendant l'un de mes cours Melle Lockheart... Une fois de plus et je me verrais dans l'obligation d'en informer votre professeur principale où recourir à des méthodes plus efficace : invoquer le conseil disciplinaire !- Non, non, ce ne sera pas nécessaire ! Ca ne se reproduira plus ! Excusez-moi ! S'exclama Tifa en jetant un regard suppliant à son professeur.
Ce dernier, un homme au visage carré et bourrus entouré d'une épaisse barbe noir et négligé, la dévisagea à travers ses petits yeux porcins et menaçants. Se donnant l'impression de réfléchir, Tifa savait pertinemment que la pitié ne faisait pas partie des traits de sa personnalité. Impitoyable, menaçant, bavard et antipathique avec un rire de cheval grossier, tous ces mots lui correspondaient déjà plus. A L'instant même où son corps proéminant pleins de graisse avait franchis le seuil de la classe en fermant violement la porte et en transperçant l'assemblée d'un regard dédaigneux, il est devenu évident pour tout le monde qu'il était d'une humeur massacrante et qu'il chercherait n'importe qui sur qui reporter sa colère, même si pour cela il lui faudrait renvoyer un élément de l'école. C'était son objectif de la matinée et malheureusement, sa fougue se reporta sur Tifa...
La jeune fille, qui tentait de disparaître derrière ses mèches de cheveux noirs et longs – Yevon, merci qu'ils soient toujours aussi longs – commença à baisser les yeux en espérant que cet incident ne fasse pas remonter son dossier auprès du conseil disciplinaire... Avec certains types de personnes, il faut savoir s'écraser et faire profil bas pour éviter les désagréments. Le professeur remplaçant Mr Heiddegger en faisait parti... Les élèves retinrent leur souffle en attendant le jugement de l'impitoyable professeur. Mais pour toute réponse, la sonnerie marquant la fin du cours d'économie retenti. Un souffle de soulagement monta en Tifa mais resta coincé dans sa gorge tant que le professeur Heiddegger gardait un oeil sur elle en grimaçant. Il finit par s'éloigner furibond :
- Je ne comprendrais jamais pourquoi les élèves se forcent à venir, s'ils ne veulent pas suivre les cours... Bougonna-t-il.
Tifa grimaça de honte. Elle l'avait échappé belle. L'incident étant clos, les élèves rassemblèrent leurs affaires, plus où moins déçue du verdict et s'éparpillèrent en direction des couloirs. Tifa resta figer quelques instants pendant lesquels elle reconsidérait la situation. Une minute de plus et Heiddegger lui collait presque un procès... Elle n'avait pas pour habitude de s'endormir en cours. Le sommeil l'avait prise de cours. Normale après toutes ces nuits blanches. Dormir en pleine journée la rendait vaseuse mais surtout, ce rêve risquait de lui pourrir la journée. C'est pour cette raison qu'elle anticipa la chose et décida de mettre ce rêve dans un coin de sa tête en espérant ne plus y repenser à l'avenir.
Rassemblant ses affaires, son regard se perdit dans la classe jusqu'à accrocher celui d'une élève qui était assise quelques rangées devant. Elle la dévisageait avec sagesse. Lui adressant un sourire compatissant, elle rejoignit Tifa après avoir rassemblé ses affaires.
- Alors miss Lockheart ? On émerge enfin ? Se moqua la jeune fille.
- Eh oui, il faut bien se réveiller pour suivre le cours suivant... Acquiesça Tifa en se joignant à la plaisanterie.
Hilares, les deux filles rejoignirent les couloirs, non pas sans entendre un dernier juron de la part d'Heiddegger à leur intention. Une fois suffisamment éloignée, l'amie de Tifa – une belle et grande brune aux longs cheveux attachés en tresse par un n½ud rose assortis à son ensemble élégant et raffiné - reprit d'un air plus sérieux et agacé :
- Qu'est-ce qu'il a Heiddegger ? Il se montre très agressif envers tout le monde ces temps-ci ! - Je ne sais pas, il a peut être peur de perdre sa place... Suggéra Tifa en haussant les épaules – perspective envisageable étant donné que ce professeur n'a pas une très haute opinion auprès du conseil administratif.
Aéris maugréa en considérant la supposition, suivant la vague d'élèves en mouvement. Tous se dispersaient pour se rendre à leur prochain cours. L'université était imposante et disposait de nombreuses salles de classe avec divers options aux choix. Club de sports, club de lecture, club de journalisme, et autant d'activités auxquelles Tifa aurait aimé s'adonner si le temps et le disponibilité lui avait laissé l'occasion d'essayer...
- Une nouvelle tête dans l'école ne serait pas du luxe... Ajouta finalement Aéris en affichant un sourire.
Si c'est un beau et jeune professeur, j'irais bien l'interviewer pour le journal de l'école ! Plaisanta-t-elle avec ce sourire malicieux dépourvue de méchanceté.
Aéris Gainsbourg... En la voyant arrivé, personne ne peut douter de son honnêteté et de sa gentillesse. Elle est la douceur incarnée. On s'en aperçoit au premier regard. Elle ne fait pas semblant. A l'écoute, patiente, joyeuse, enthousiaste en toute circonstance, calme avec une voix doucereuse, elle était la première personne à lui avoir souhaité la bienvenue dans l'école et l'une des exceptions à continuer à lui adresser la parole d'ailleurs. En tant que membre du comité du droit des élèves et du club de journalisme, Aéris était venue se présenter à Tifa. Les deux jeunes filles avaient rapidement sympathisé et sont devenues amies. Âgée de seulement quelques mois de plus par rapport à Tifa, Aéris était très mature et donnait l'impression d'être déjà une jeune femme à marier. Elle était une personne de confiance sur qui Tifa se reposait beaucoup, chose qu'elle se reprochait suffisamment. Toujours soucieuse des autres avant elle, Tifa aimait la compagnie d'Aéris.
- J'ai vraiment eut chaud tout à l'heure... Réalisa Tifa en repensant à l'incident.
- Tu sais pourtant bien qu'Heiddegger t'as dans le collimateur, ne lui donne pas une occasion de te prendre pour cible ! Lui conseilla Aéris sur un ton plus ferme qui masquait une trop grande inquiétude.
- Ca ne serait qu'une personne de plus, plaisanta Tifa avec un triste sourire.
- Non, je suis sérieuse Tifa ! La coupa Aéris en lui attrapant le bras, l'obligeant à s'arrêter dans le couloir.
Parfois je me dis que tu t'en fiches que les gens te traitent comme ça. Tu te dis que c'est normal, ou tu te fais une raison... Mais ça n'a rien de juste, réveille-toi enfin !- Ouah, t'es pas membre du conseil du droit des élèves pour rien... Continua Tifa en riant.
- Tu ne te soucies vraiment pas de ce qui arrive... ? Ils n'ont pas à te traiter comme ça, tu n'as rien fait de mal !- Si... A leurs yeux, j'ai fait quelque chose d'impardonnable... Et s'il faut que je me batte pour « ça » alors je me battrais, j'encaisserais, parce que ça vaut le coup.- Tifa...Le regard d'Aéris dévisageait celui de Tifa avec un mélange d'inquiétude et d'admiration. Aéris se considérait comme une grande s½ur pour Tifa. Elle voulait la protéger des brimades et du monde entier. Tifa lui en était reconnaissante. Mais ses efforts seraient inutiles. La jeune femme voulait avant tout parvenir à se débrouiller et se défendre par elle-même. Dotée d'un caractère fort, Tifa était bien la dernière personne qui se laisserait impressionner par les autres. Pourtant certaines paroles étaient blessantes et Tifa peinait à masquer sa peine à ses amis... Tifa voulait assumer sa vie et ses problèmes sans dépendre des autres. Cette sensation d'indépendance lui soutira un sourire et une certaine fierté. Elle réalisait de par ses mots et sa façon de penser à quel point elle avait mûrie. On ne lui a pas vraiment donné le choix de toute manière. Âgée d'à peine 19 ans, elle devait faire face à une situation qui la dépassait complètement. Une situation que peu de personnes pourraient gérer. Et pourtant son attitude suscitait le mépris de d'une grande majorité des citoyens de Midgar. Une nouvelle moquerie de la part des élèves le lui rappela :
- Hé Lockheart, c'est bientôt le jour du paiement des frais de scolarité, fais gaffe à pas t'enrhumer, il fait froid sous les ponts à cette époque de l'année !Ses camarades qui l'accompagnaient – une bande de garçons railleurs et habillés de manière débraillé -- se joignirent à la plaisanterie en continuant leur chemin. Tifa ne leur adressa pas un regard. Aéris, au contraire, les foudroya du regard avec mépris en rétorquant avant qu'ils ne disparaissent :
- Et toi, fais gaffe à ce que personne n'apprenne ce que tu fumes dans les toilettes ! Trancha-t-elle avec agacement.
Les camarades du petit « plaisantin » qui s'en était pris à Tifa explosèrent de rire en sifflant la répartie d'Aéris d'un air impressionné. Le garçon visé ne semblait pas le moins du monde affecté par cette pique et aucunement inquiet. Peut être savait-il qu'Aéris avait un grand c½ur ? Qu'elle ne les balancerait pas - quelqus que soient leur comportement - malgré les informations qu'elle détenait pouvant les conduire au renvoi définitif. Malgré sa quantité d'information qui pourrait suciter la crainte, personne ne se dressait jamais contre elle, comme si elle était une force de la nature. Sa gentillesse en était sans doute la raison. Cela n'empêchait pas certains élèves de la craindre par moment, bien que tout le monde l'adore. Le garçon lui adressa un clin d'½il charmeur, ce à quoi Aéris répondit par un roulement des yeux en l'air avant de tourner les talons, entrainant Tifa avec elle.
- Ne les écoute pas ! Conseilla Aéris - un conseil qu'elle accordait plus à son intention qu'à celle de sa petite protégée.
- Ne t'en fais pas, ce qu'ils disent ne m'atteins pas...Piètre mensonge... La mauvaise plaisanterie faisait référence à ce revenu mensuel qu'exigeait cette école en échange de leur enseignement. Revenu auquel Tifa éprouvait de grandes difficultés à régler... De toutes les écoles de la ville, Tifa ne s'était pas inscrite dans la moins onéreuse. La faculté de Balamb était l'une des plus prestigieuses et des plus chères aussi. Jamais Tifa n'aurait songé à y entrer avant que l'école n'accepte sa candidature. Il y avait enfin quelqu'un qui reconnaissait ses connaissances et pouvaient lui ouvrir les portes d'un avenir meilleur. Chose qu'elle n'aurait jamais cru possible dans sa situation. Mais pour ça, il fallait résoudre le problème du paiement. Etant sous la propriété de la Shinra - la société la plus grande et la plus puissante du monde qui dirige tout -, leur enseignement n'était pas accessible à tous... Bien qu'elle ait accès à certaines aides que lui prodigue la Shinra, les revenus de Tifa n'en restaient pas moins souvent trop justes dans le financement de l'école et de sa vie privée... Depuis qu'elle est entrée dans cette ville, Tifa accumulent les problèmes financiers... Bien qu'elle fasse semblant que tout aille bien, Tifa nageait dans les factures. Ce n'est donc pas ce mensonge effronté qui parviendra à duper Aéris.
- Je vais bien, la rassura Tifa avec un sourire qui se voulait encourageant.
- Si tu le dis... Soupira Aéris sceptique en abandonnant ce combat perdu d'avance.
Mais tu sais, si tu as besoin, je peux toujours...- Non, je refuse de t'emprunter de l'argent ! La devança Tifa en reprenant sa route dans le couloir, roulant ses yeux au ciel.
- Oooh, mais laisse donc tomber un peu ta fierté et accepte mon offre ! Se moqua Aéris en la suivant avec un air faussement accablée.
Tifa s'esclaffa une nouvelle fois. Il était plaisant d'être en se compagnie. Aéris avait le don de dédramatiser une situation. Où si ce n'était pas le cas, elle permettait à Tifa de trouver des solutions et de garder confiance en elle. Son soutient était la chose la plus importante à ses yeux. Pourtant, Tifa remarquait bien l'inquiétude de son amie à son sujet. Sa sollicitude à son égard est des plus touchantes, mais pas question d'accepter la charité. Afin de changer de sujet, Tifa lança Aéris sur le devoir d'économies qu'elles devaient rendre pour la semaine prochaine. Heiddegger ne leur fera pas de cadeaux à l'approche de la fin de 1er trimestre.
- Oui, les examens de fins de trimestres vont être marrant, ironisa Aéris en soupirant.
Tu as besoin d'aide pour tes révisions ?- Hm, ça ira. Mais il faudrait que j'emprunte des bouquins à la bibliothèque... Songea Tifa.
Je suis débordée avec tout ça.- On pourrait organiser un groupe de travail à l'occasion, histoire de tous s'entre-aider, suggéra Aéris plus enthousiaste.
- Pourquoi pas ? C'est une bonne idée !Alors qu'elles continuèrent de discuter avec enthousiaste sur la perspective de former des groupes de travail afin de faciliter la tâche et diminuer la corvée, une voix sonore et fluette les interrompit avec excitation.
- Les filles, vous ne devinerez jamais ce qui vient de m'arriver !! S'enthousiasma une jeune fille en sautant d'excitation devant les deux étudiantes.
Aéris et Tifa dévisagèrent la nouvelle arrivée avec étonnement. Son trop plein d'énergie était suspect bien qu'entraînant. Aéris et Tifa échangèrent un regard complice et amusée devant un tel entrain. De la même taille que Tifa, la nouvelle venue souriait à pleine dent, ce qui illuminait son visage scintillant et malicieux. On dirait qu'elle sortait tout droit d'une revue pour un magazine de mode. De fins cheveux noirs qui lui tombaient sur les épaules encadraient un visage fin et délicat. Ses yeux pétillants avaient le don de séduire tous les garçons qui croisait sa route. Linoa Heartlly était connu dans l'école comme étant l'une des plus belles et populaires filles de l'école. Elle était belle, gracieuse, svelte, l'ennemie naturelle de toutes les femmes. Tous l'adulaient, la regardait avec admiration, envie et respect. Cela n'étant pas dû uniquement à son statut de comtesse. Tout le monde la voyait comme quelqu'un de mature et spontanée, enjouée et déterminée. Pourtant, son attitude enfantine et immature donnait plutôt l'impression d'une manipulatrice qui maintenait tout le monde entre ses mains. Toute la gente masculine du moins.
- Oh non Linoa... Souffla Aéris en comprenant soudain la raison de cette excitation.
Tifa lui adressa un regard interrogateur alors que Linoa pouffa. Tous les regards se tournèrent vers eux sur leur passage. Deux des filles les plus populaires discutaient tranquillement dans les couloirs ensembles, comme si de rien n'était. Pour Tifa, ces deux filles n'étaient rien d'autre que ses meilleures amies... Mais pour les autres, elles étaient plus que ça. Linoa en particulier puisqu'elle pose dans tous les grands magazines de modes du pays. Tout ce qu'elle portait avait de l'allure et de la classe. On pouvait être sûr qu'à la fin du mois, tout le monde portait la même chose. N'aimant pas que tout le monde la copie – bien qu'elle trouve ça flatteur – Linoa renouvelait constamment sa garde-robe. Peu importe la couleur, tout semblait assortis à son corps et son visage. La couleur qu'elle préférait était le bleu qu'elle rapportait au ciel et aux anges. Mais rien de ce qu'elle portait n'était donné... Son père faisant partie de la shinra et portant le titre de compte, on peut dire que sa famille est pleine aux as. Une situation aisée qu'enviait parfois Tifa bien que son amie lui ait souvent proposé un soutient financier. Linoa n'était pas si superficiel. Ca dépend des domaines, des personnes, et il faut bien la connaître. Tifa avait apprit à l'apprécier et s'est rendu compte à quelle point elle avait du c½ur. C'est Linoa qui lui a permit de toucher certaines aides auprès de la shinra. Ce soutient financier était un cadeau de la part de Linoa que Tifa était gênée d'accepter. Pourtant, cet apport était plus que la bienvenue. Les deux filles sont devenues amies à cet instant. Dommage qu'une fille aussi généreuse soit aussi difficile et exigeante. C'est la raison pour laquelle Linoa soutient son statut de célibataire en majorité du temps... Ce détail percuta l'esprit de Tifa qui comprit soudain ce tel entrain.
- Oh, quelqu'un t'as fais une nouvelle déclaration... Présuma Tifa sur un ton perplexe.
- Ding, bien vue ! Devinez qui c'est ?! Je vous donne un indice : il est membre de l'équipe de blitzball ! S'enthousiasma Linoa.
- Ouah, carrément ? Siffla Tifa impressionnée.
- J'assure c'est vrai, acquiesça Linoa hilare.
Bon, vous avez deviné ?- Je ne sais pas... Wakka ? Se hasarda Aéris en haussant les épaules.
- Bzz, perdu ! Pourquoi je sortirais avec ce boulet ? S'esclaffa Linoa.
- Pour plusieurs raisons ! D'abord il est l'un des meilleurs joueur de l'équipe, voir du monde. Il est beau, talentueux, téméraire, athlétique... Enuméra Aéris qui connaissait bien le concerné.
- Mouais, admettons... Je préfère nettement mon joueur qui m'a promis de m'emmener voir son prochain match, plaisanta Linoa.
- Et qu'est-ce que tu fais de ton petit ami ? Lui rappela Aéris avec un regard sévère.
- Qui ça ? Squall ? Laisse tomber, j'arrive pas à le comprendre ce mec, maugréa Linoa en laissant tomber sa bonne humeur.
Je songe sérieusement à le plaquer.N'importe qui aurait été inquiet en entendant l'une de ses meilleures amies dire que ça ne va pas fort avec son copain et qu'elle veut se séparer. Mais les histoires d'amours de Linoa étaient particulières. Voir injustes. Il faut savoir que Linoa est une fille très séduisante qui joue de ses atouts pour avoir tout le monde à sa botte : professeurs, garçons, politicien fortunés... Elle a la manie d'obtenir tout ce qu'elle veut et plus encore. A croire que rien ne lui résiste. Lorsqu'elle sent qu'une chose lui échappe, elle se borne à l'obtenir quel qu'en soit les moyens ou le prix. Bien qu'elle soit fortunée, sa situation ne l'a satisfait pas pleinement. Elle est très vénale et exige de tout posséder. Toujours à l'affut de ce qu'elle n'a pas, elle veut toujours plus. Cela s'attribue à tous les domaines, particulièrement les histoires de c½ur. La jeune fille ne sort jamais sérieusement avec un garçon. Elle collectionne les histoires de c½ur et les garçons comme on change de chemise, sans tenir compte des sentiments de ses amants. Elle largue habituellement le garçon avant qu'il ne se fasse trop d'idée – environ quelques semaines après leurs premiers rendez-vous - ou ne sort avec des garçons que pour s'amuser et ne pas passer pour une célibataire - ce qu'elle est en réalité. Pourtant, son dernier copain : Squall Leonheart avait battu les records en matière de durée. Sa chance s'est-elle estompée ? A moins que la jeune fille ne décide de le garder malgré cette nouvelle invitation. Le principe de sortir avec plusieurs garçons en même temps ne semblait pas lui poser d'avantage de problème. Un point de vue que ne partageaient pas ses deux amies. Pour Aéris, la fidélité était un symbole pour le couple ! Tifa partageait ce sentiment... Alors qu'il y a quelques années encore, l'amour de sa vie lui avait brisé le c½ur... Le souvenir de son rêve lui revint en tête ainsi que la douleur qui transperça son c½ur. Tifa secoua vigoureusement la tête. Chassant ces idées noires de son esprit, elle se recentra sur la conversation avant de sombrer d'avantage dans cet océan de noirceur auquel elle s'était extirpée.
- Je croyais que c'était très « love-love » entre vous ? C'est déjà terminé ? Se renseigna Aéris en soulignant les mots qu'avait l'habitude de prononcer son amie.
- Hmm... Oui... Non... Je ne sais pas... Hésita Linoa indécise.
- Tu ne sais pas... mais tu vas quand même sortir avec ce mec de l'équipe de blitzball, comprit Aéris en lui jetant un regard soupçonneux.
- C'est quand même Tidus !! Révéla Linoa sur un ton qui frôlait l'hystérie, oubliant de faire durer le suspens.
- Quoi ?! S'exclamèrent Aéris et Tifa à l'unisson.
Linoa élargit son sourire, fière de l'effet que sa nouvelle conquête avait eut sur les deux jeunes filles. Tidus ! Le meilleur joueur de blitzball de l'école et même du monde ! Un morceau de choix si l'on peut dire... Bien au-dessus de Wakka et tous les autres joueurs. C'est un génie dans son domaine, un dieu et l'idole des jeunes. Son père était un célèbre blitzballer repenti. Il était très connu, avait fait une très belle et longue carrière. Son fils souhaite à présent perpétuer la tradition en devenant un grand champion légendaire. Tifa avait même affiché un poster du jeune homme dans sa chambre. Elle n'était pas spécialement fan, mais ce garçon avait de l'allure et était très séduisant. Qui aurait cru que cette célébrité étudiait dans cette faculté ? Quel choc de l'avoir croisé alors qu'il gambadait innocemment dans les couloirs de l'école. Si Aéris n'avait pas été là pour la soutenir à ce moment, Tifa serait volontiers tombé dans les pommes. La jeune fille était presque jalouse que Linoa ait autant de succès. Point de vue qu'une majorité de filles partageaient. Alors que les garçons ne pouvaient s'empêcher de la regarder avec admiration lorsqu'ils passaient près d'elle, les filles, au contraire, lui adressait des regards méprisants. Chose qu'adorait Linoa. C'était sa manière à elle de se croire supérieur...
- Il m'a attendu exprès à la sortie des cours pour me dire qu'il me trouvait mignonne et qu'il avait envie de sortir avec moi depuis longtemps ! Détailla Linoa en dansant sur place l'air rêveur.
- Non mais quel lâche... Jura Aéris, suscitant l'étonnement de ses deux amies.
Je suis certaine qu'il fait ça pour oublier les problèmes qu'il a avec sa copine !- Qu... Quoi ? Il a une copine ?!! S'exclama Linoa en écarquillant les yeux.
- Eh oui ! Il ne te l'a pas dit ? Ironisa Aéris avec un sourire sarcastique, sa façon à elle de lui dire «
je t'avais prévenu que flirter sans cesse à tords et à travers se retournerait contre toi un jour ou l'autre ».
Aéris était bien informée sur tous les élèves de l'école. Elle mettait un point d'honneur à gérer les conflits dans toute la structure et s'intéressait de près au cas de chacun. De fil en aiguille, elle s'était liée d'amitié avec tout le monde. Elle était devenue une sorte de confidente sur qui on peut compter. Sa sociabilité auprès de tous les élèves étaient enviables. Aéris était encore plus généreuse que Linoa. Mais ce travail au comité de défense du droit des élèves lui avait valu de devenir une mine d'information et de potins en tout genre. Elle connaissait tout sur tout le monde. Tifa se souvenait de toutes les fois où Linoa l'avait supplié de lui donner quelques ragots croustillants à se mettre sous la dent – cette fille n'a aucune morale... Mais en bonne confidente, Aéris avait bien entendu refusé de divulguer ces informations. Or la nouvelle qu'elle venait d'annoncer à Linoa semblait l'avoir secouée. Et oui... Quelques secrets feraient mieux de rester secrets...
- Il a une copine... Je n'arrive pas à croire qu'il m'a demandé de sortir avec lui alors qu'il a une copine ! Grommela Linoa en fronçant les sourcils d'un air scandalisé, un peu trop théâtral au goût de Tifa.
- Eh oui, comme quoi les garçons sont tous de gentils saint-Maritain à qui on peut faire confiance. C'est beau d'avoir de l'espoir... Ironisa Aéris à présent amusée par la situation.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? Demanda Tifa à l'adresse de Linoa.
La jeune fille était encore plongée dans ses réflexions. Un nouveau plan était à prévoir. Aéris leur proposa de réfléchir à tout ça en marchant, inutile de se mettre en retard. Elle pensait bien entendu au cas de Tifa en disant ça. Encore une fois, elle ne voulait pas que les professeurs s'en prennent à elle pour des raisons injustifiées. La haine gratuite était quelque chose qu'Aéris ne supportait pas. Pourtant son prochain professeur est loin d'être un martyre. Bien au contraire. La sortant de ses pensées, Linoa donna sa décision que craignait Aéris.
- Je vais quand même sortir avec lui ! - Pourquoi ça ne m'étonne pas... ? Soupira Aéris désespérée.
- S'il veut sortir avec moi, c'est qu'il est malheureux avec sa copine, je vais donc la lui faire oublier, expliqua simplement Linoa sur un ton d'évidence à la limite de l'insolence.
- T'essais simplement d'esquiver la réalité, ça t'arrange de penser ça ! T'es... vraiment désespérante... Finit par dire Aéris.
- Merci !Tifa ne put s'empêcher de sourire en voyant ses deux amies se chamailler amicalement. Ces deux filles étaient pourtant si différentes l'une de l'autre. Difficile de croire qu'elles soient devenues amies. Et pourtant elles se connaissent depuis longtemps mais ne sont devenues véritablement proche que récemment. Linoa, qui traînait avec un groupe de filles superficielles et fortunées, avait longtemps observé Aéris et Tifa devenir amies de loin. Cette amitié naissante faisait envie à la jeune milliardaire. Et comme tout ce qui lui faisait envie, Linoa s'était lancé en quête de cette amitié. Non pas pour la détruire mais pour la consolider et s'y faire une place. Bien que surprises par l'intérêt soudain que leur portait « miss popularité », comme la qualifiait Aéris, leur deux jeunes filles l'avait invité à se joindre à elle. Le dialogue est venu naturellement et maintenant les trois jeunes filles passent une grande partie de leur temps ensembles. Bien entendu, leur univers est très différents les unes des autres, ce qui ne les empêche pas de bien s'entendre.
- Hé Heartlly-chérie ! Lança un garçon mielleux qui passa près d'elle en adoptant une démarche nonchalante mais surtout ridicule.
Faudra se faire une petite sortie tous les deux un de ces quatre, tu m'as promis ! - Appelle-moi ! S'amusa Linoa en mimant un téléphone avec sa main, usant de son charme ravageur pour distraire suffisamment ce garçon jusqu'à ce qu'il percute un mur.
Aéris roula les yeux au ciel pendant que Linoa gloussa. Elles ne partageaient pas le même point de vue sur tout... Les couloirs se vidèrent peu à peu, les élèves entrèrent dans leur salle de classe. Aéris avait quitté ses deux amies pour se rendre à son prochain cours. Elles n'avaient pas tous leurs cours en commun. Aéris avait choisis quelques options secondaires dont les cours se passaient dans un autre bâtiment. Soucieuse de ne plus être à ses côtés, elle avait fait promettre à Linoa de garder un ½il sur Tifa.
- Je ne suis pas un bébé ! Lui fit remarquer cette dernière d'un air excédée.
Je peux me rendre à mon cours toute seule !- Je sais bien ma chérie, mais dis-toi que je fais ça pour ton bien ! Se moqua Aéris en affichant un sourire maternel.
- D'accord, « maman » ! Poursuivit Tifa sur le même ton.
- Ha, ha, je promets de prendre soin de votre enfant Mme Gainsbourg ! Ajouta Linoa hilare.
- Vous avez toute ma confiance Melle Heartlly !- Bon si vous avez finit, on peut peut être y aller ? Les interrompit Tifa, craignant que ce jeu ne s'étende jusqu'à la sonnerie.
Enjouée, les filles se saluèrent après s'être donné rendez-vous plus tard en fin de journée.
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