♣ ƒเภคl ƒคภtครy - ℓ'αмσυя ∂єѕ υηѕ ƒαιт ℓє мαℓнєυя ∂єѕ αυтяєѕ ♣

♣ ƒเภคl ƒคภtครy - ℓ'αмσυя ∂єѕ υηѕ ƒαιт ℓє мαℓнєυя ∂єѕ αυтяєѕ ♣
f0r-y0ur‗‗_''‗‗___'__'‗‗_''‗‗f0._-f0.''‗‗
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__________'__'_""_Je ne suis pas très douée pour les salutations... Alors je vais___'__'
__________'__'_""_être brève. Il y a longtemps, j'ai eut une idée de fanfiction qui,-_'__'
__________'__'_'devais mettre en scène de nombreux personnages de Final Fantasy._'__'
__________'__'_""_Un petit mixte de la saga adapté à notre époque, quoi. A cause _'.'__'
__________'__'_""_d'un petit problème technique saloperie de bug, j'ai été forcé _'_'__'
__________'__'_"_de l'arrêter. Ce fut de courte durée puisqu'à présent j'ai décidé_"'__'
__________'__'_______________de la reprendre et de la publier.______'_.______'__'
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__________'__'_____Vos avis m'intéressent bien entendu, je suis ouvertes aux _""_'__'
__________'__'_"_et critiques (tant que ça reste délicat) et n'hésitez pas à mettre_''__'
__________'__'_______________________des coms.______________'::_______'__'
__________'__'_____________________________________________________'__'
__________'__'______________________Bonne visite !__________""_________'__'
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__________я_є_ѕ_υ__é_:


__________Dans une ville obscurçit par la pollution et la cruauté des gens, des yeux noisettes s'ouvrent sur un
__________monde nouveau. Assise sur le quai de la guarre, elle attends l'arrivée de son train qui doit la conduire
__________au dessus de la plaque où il est possible de voir le ciel, même noirçit par les nuages. C'est sa nouvelle
__________vie à présent, depuis qu'elle a quitté le foyer de Nibelheim. Son quotidien sera rythmé par ses études
__________ à la faculté Balamb, l'entretien de son foyer, son travail et sa vie sentimentale...
__________A la recherche du bonheur et de la lumière, elle trouvera force et courage dans ces yeux bleu qui la
__________regarde avec tendresse et curiosité... Son trésor...


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# Posté le dimanche 10 mai 2009 14:20

Modifié le dimanche 10 mai 2009 14:38

ร๏๓๓คเгє

ร๏๓๓คเгє
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_____P__A__G__E____1________Bienvenue
____________________________Sommaire
____________________________00- Prologue
____________________________01 - Chapitre 1
____________________________02 - Chapitre 2

_____P__A__G__E____2________
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_____P__A__G__E____3________
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_____P__A__G__E____4________
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_____P__A__G__E____5________
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# Posté le dimanche 10 mai 2009 14:32

Modifié le samedi 30 mai 2009 09:50

00 - Prologue

00 - Prologue
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Le tintement d'une sirène résonna ici bas et la quiétude du silence se brisa en une multitude de grincement qui se répète en écho dans sa tête. Les yeux clos, tous les sons lui paraissaient aussi clairs que le ruissellement d'une rivière. Chaque son se détachait les uns des autres, bien qu'ils se mêlent dans un concert affreusement monotone. La mélodie de la sirène se mêla à une succession de coup de klaxon et il lui sembla reconnaître, aux alentour du secteur 07, le hurlement du chien errant aboyant à mort comme si sa vie en dépendait. A cet aboiement se mêlait la symphonie des bruits de voitures circulant sur l'autoroute, les passants discutant de leur fin de journée et même des coups de feu. Une fusillade ? Tout semblait si éloigné... dépourvue de sens.

Les bourrasques de vent claquaient son visage humidifié par la pluie mais elle ne le sentait pas. L'eau glissait sur son visage paralysé par le froid glacial. Les blessures sur son corps auraient dû la faire pleurer, hurler de douleur, mais elle ne les sentait pas non plus. La peine de son c½ur avait disparu. Elle ne sentait rien, elle était vide comme si son c½ur s'était arrêté de battre sans pour autant lui accorder le droit de mourir, comme si elle était condamné à vivre et regarder le monde continuer sa course sans avoir le droit d'en faire autant. Le monde était à ses pieds. Elle ouvrit lentement les yeux, la respiration calme et régulière. Respirait-elle vraiment ? Aucune émotion ne filtrait en elle. Un chuchotement caressa son oreille :

« ...mon amour... »

Un effet sonore dû à l'intensité du vent ? Le murmure disparu parmi les coups de klaxons et la sirène retentissante. Fixant inlassablement le paysage qui s'étendait sous ses yeux, du sommet de cette tour en construction, elle leva une main vers ce ciel sombre et infini, dévoré par la pluie et la pollution. Même s'il est pollué, laisse-moi monter jusqu'à lui ! Sa main tremblante se referma dans le vide, comme pour attraper les nuages, avant de retomber sur ses jambes qui pendaient dans le vide. Etait-elle condamné à fixer ce ciel obscure sans pouvoir l'attraper ? La mort était si proche et pourtant si loin... Peut-elle mourir à présent ?

« Je t'aime... » Susurra la voix une nouvelle fois. Encore des mensonges... Une douce illusion ayant pour but de la berner, lui faire croire que la vie valait encore la peine d'être vécu...
« Et c'est toi qui me dit ça ? » Railla la jeune fille àdestination du soprano mélodieux qui ne cessait de la berner d'illusions. C'est lui la cause de tout... C'est lui qui l'a tiré droit vers les enfers, le tréfonds des abysses obscures... Aucun retour en arrière n'est possible lorsque l'on a atteint le fond...

Son regard se perdit dans le paysage plongé dans le brouillard de la pluie. Les néons de lumières scintillants des échoppes, panneaux de signalisation, lampadaires, maisons et bâtiments dansaient dans la ville. On aurait presque dit un feu d'artifice. C'était magnifique. Jamais Midgar n'avait été aussi lumineuse. Qui aurait pu croire que cette ville, qui lui avait fait connaître l'enfer, lui présenterait une image de prairie ? Une paierie empoisonnée responsable de son trépas. Non, pas la ville, c'était de sa faute... Son destin était tout tracé depuis le jour où elle a posé le pied dans cette ville maudite.
« Tu seras... toujours... à moi...je t'appartiens... ». Encore une promesse écrite sur le sable que l'océan a emporté. Cette voix lui faisait perdre la tête. Elle délirait, c'est sûr. Elle avait encore la sensation de ses mains chaudes encadrant son visage avec douceur. Son regard intense qui l'invitait à plonger dans ses yeux sans craindre de s'y noyer. Et la douce chaleur de ses lèvres hésitantes et éprises.

« Si seulement tu m'avais achevé... Un baiser et mon c½ur s'arrêtait... Une étreinte et j'étouffais de ton amour... Tu aurais dû m'achever... »


Des colonnes de fumée s'élevèrent dans le ciel pour fusionner avec la pollution abondante. Les flammes qui jouaient avec les bâtiments scintillaient dans ses yeux. Comme pour s'accorder avec le paysage, une douleur aigüe lui incendia le bas du ventre. Cette douleur était suffisamment violente pour lui soutirer un gémissement. Machinalement elle posa sa main sur son ventre plat et visqueux en un mouvement de protection. Toujours tremblante, elle ramena sa main devant son visage. Le sang en était infesté. L'odeur lui tournait la tête.
« Je ne manquerais à personne. Ni mes amis... ni ma famille... Je les ais tous perdus... » Songea-t-elle en fixant sa main ensanglantée. La substance rouge, chaude et poisseuse continua de couler en filet le long de ses jambes assises et se perdirent dans le vide. La robe blanche et légère qu'elle portait était tachetée de rouge également. Une si jolie robe qu'en temps normal elle aurait porté pour se rendre à un agréable pique-nique au centre d'une plaine verdoyante comme celles qui rayonnent près de son village natale. Le rouge du sang de sa main lui donna un vertige, elle baissa le visage.

- Pardon... Pardon Killian... Pardon... Je n'ai pas réussi... Je n'étais pas assez forte... Chuchota-t-elle en regardant à nouveau le paysage.

Pourquoi ? Pourquoi les choses ont-elles évolués de cette manière ? Une voix résonna à l'intérieur de sa tête : Tout est de ta faute ! Je te hais !! La voix qui, en temps normal, contredisait toutes les injures de l'autre se mura dans un silence évocateur. La première voix continua d'hurler : « Si seulement tu n'existais pas !! Tout est ta faute ! ». Un nouveau tintement de sirène se joignit au concert du quotidien de la ville des ténèbres. Machinalement, Tifa se hissa sur ses jambes paralysées par le froid. Elles étaient couvertes d'hématomes. Encore une fois, la douleur lui paraissait indifférente. Son regard surplomba la ville. Le ciel, bien qu'envahie par la pluie et les éclairs, lui apparu pour la première fois comme une infinité libératrice. Elle ne se sentait pas prisonnière, elle ne le serait plus désormais. « Y a-t-il une place pour moi là-haut ? Quelqu'un m'attend-t-il ? ». En guise de réponse, le ciel tonna. Ses pieds nus glissaient légèrement sur la paroi métallique sur laquelle elle avait trouvé refuge. L'instabilité de ses gestes par les bourrasques de vent ne la perturba pas. Elle leva les bras comme si elle voulait embrasser le paysage : cette étendue de lumière et de sons incohérents.

- Si tu m'entends... J'aimerais te dire... que je t'aime. Je veux que tu vives auprès de ceux que tu aimes, que tu t'accroches, que tu te battes pour atteindre tes objectifs, que tu réalises tes rêves les plus chers. Si tu as peur, pense à moi, j'accourrais et je te protègerais. Sois heureux mon c½ur... Vie pour moi aussi...

Ses yeux se fermèrent lentement, le vent lui hurla des mots doux aux oreilles, découvrant son visage au passage. Pour la première fois depuis longtemps, un faible sourire se dessina sur ses lèvres, comme si elle sentait la liberté. Après toutes ces tortures, elle peut enfin se reposer, qu'elle le mérite ou non. Le visage de cet être si particulier à son c½ur lui apparu en mémoire. Elle était heureuse de partir avec son visage souriant et innocent. « J'aurais aimé lui dire... que ma vie n'a jamais été aussi heureuse que lorsqu'il était à mes côtés... ».
Comme si la Terre réclamait son corps, Tifa se laissa attirer par la force de gravité. Lourd, son corps bascula en avant alors que ses bras continuaient d'embrasser la mort. Les cheveux dans le vent, elle sentait une vague de soulagement s'épanouir dans son être. Un frisson d'excitation s'empara d'elle alors qu'elle se dirigeait vers cet autre monde inconnu des vivants. Aurait-elle jamais des regrets ?

« Je me demande... si je lui envoyais un baiser, est-ce qu'il le recevra ? ... Non, probablement non... »

Une larme coula sur sa joue alors que le temps sembla arrêter sa course. Un appel raisonna à son esprit. Le soprano familier lui donna l'impression de susurrer une mélodie en prononçant un mot si lointain : son propre prénom. Puis soudain, les lumières de l'ambulance se reflétèrent dans ses yeux alors qu'une vive douleur s'empara de son ventre...


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xXx
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# Posté le mardi 12 mai 2009 08:15

Modifié le samedi 30 mai 2009 08:35

01 - Chapitre 1

01 - Chapitre 1
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On ne voit bien qu'avec le c½ur, l'essentiel étant invisible aux yeux.
Tifa.________________


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- Tu dois vraiment t'en aller ? Demandais-je, le regard baissé, la voix brisée par des sanglots que je tentais de dissimuler.

Il maintint son silence, prolongeant cet embarras dans lequel nous nous étions emprisonnés. Cette situation lui était pénible. Il avait redouté au moins autant que moi cette conversation, le moment où il m'annoncerait que notre histoire était terminée... alors qu'elle venait à peine de commencer. Je m'y étais préparée. Je voulais être forte, le paraître du moins pour que cette séparation lui soit moins pénible qu'à moi. Je ne voulais pas qu'il parte avec des regrets... Je m'étais juré de ne pas pleurer, de ne pas lui montrer à quelle point son absence allait me coûter. Je voulais sourire et lui laisser ce dernier cadeau, ce dernier souvenir de moi. Combien de temps allions-nous supporter cette séparation avant de véritablement rompre ? De nous faire une raison ? Mon c½ur avait déjà trouvé la réponse mais refusait de l'admettre. Il l'avait comprit et commençait à se briser de toute part. Je commençais à être vide à l'intérieur, une coquille vide où raisonnait l'écho des derniers battements de mon c½ur. Je n'étais pas sûr de pouvoir me lever le matin, je n'étais pas sûr non plus de trouver une raison de vivre. Il était mon oxygène, mon monde. Sans lui, je m'écroule. Et je sais qu'il en est de même pour lui.
Epuisée moralement, j'enroulai mes mains autour de mes bras. Inutile de compter sur une marque d'attention de sa part comme me prendre dans ses bras, ça ne ferait que compliquer cette séparation douloureuse. Je ne voulais pas. J'avais déjà la sensation d'être morte... Je ne pouvais plus prendre le risque de le regarder en face sans courir le risque de le supplier de rester à mes côtés. C'est pour ça que je le fuis depuis ce jour où j'ai découvert cette lettre. Je le fuis de toutes mes forces, je fuis son regard, ses bras, sa tendresse. Parce que je redoutais qu'au moment de nous dire adieux, je brise ses rêves et le garde auprès de moi pour l'éternité. Un seul mot de ma part aurait suffit. Son émotion est telle que j'en ai le souffle coupée. Il poussa un soupire avant de reprendre :

- J'aurais aimé qu'ils refusent ma candidature...

Mon c½ur hurle de douleur. Je maudis la lune qui surplombe le village en cet instant. Une nuit étoilée... La lune scintille si fort, elle est si blanche et si belle. Elle illumine mon visage pour m'empêcher de flancher, de montrer ma détresse. Elle me pousse à me montrer forte devant lui. Être digne de lui est bien la dernière chose que je suis capable de faire en cet instant. Je veux juste fondre en larmes et me réveiller. M'extirper de ce cauchemar. Mes ongles s'enfoncent dans ma peau. La douleur arrive, j'ai mal... mais je ne me réveille pas. Désespérée, je baisse mon visage et le dissimule derrière mes cheveux longs et noir. Une chance qu'il ne se soit pas assit en face de moi. Il ne doit pas voir mes yeux rouges. Je prends sur moi et décide de répondre à sa dernière phrase, ignorant le prix de mes mots.

- Bien sûr que non ! C'est ton rêve, tu as attendu cette opportunité tellement longtemps. Tu le mérites vraiment...

Bien que ça soit la vérité, je ne fus pas certaine d'être très convaincante. Son bonheur... Bien sûr que je le souhaitais, mais avec moi ! Pas aux côtés d'une autre qu'il aurait rencontré là-bas ! L'idée même qu'il puisse trouver une fille qui lui convienne mieux que moi m'est insupportable. J'ai l'impression de ne pas avoir confiance. J'ai peur qu'il m'échappe alors que je l'ai attendu si longtemps. Il est à moi ! Il est venu au monde pour moi ! D'où me vient cet élan de possessivité soudain ? Jamais ce trait n'a fait parti de mon caractère. Il l'est devenu depuis que j'ai réalisé à quel point je l'aimais. J'ai besoin de lui. De le respirer, de le toucher, de le regarder. Je me contente de peu, ça suffit à mon bonheur...
Sentant ma détresse qui était similaire à la sienne, il me ramena doucement à lui. Ses bras me réchauffaient en cette soirée glaciale. Non, lâche-moi... Je ne veux pas avoir mal... Est-ce que c'est possible d'être plus que morte ? Dire que j'avais fait tant d'efforts pour le fuir...

- Je ne t'oublierais jamais ! Je t'aimerais éternellement ! Quelle que soit la distance, on continuera d'être ensemble !

Je voulu exploser de rire en écoutant cette formule toute faite. Mais mon coeur était si lourd qu'il m'en empêcha. Si je rie, je fondrais en larme à la minute d'après. Son ton rassurant et doux m'encouragea à relever le menton très lentement. Je pus lui adresser un regard indifférent. Ses mots raisonnaient comme une promesse. Une promesse inscrite dans le ciel. Les étoiles en sont témoins. Il me jure un amour éternel. Ca suffit ! Assez ! Ca me donne envie de vomir ! Que des mensonges ! Son regard azure me transperce et me donne des frissons. Il était si sérieux. Je lui adresse un sourire en retour, à contrec½ur.

- Eternellement... répétais-je.

Il acquiesça d'un signe de tête. Nous nous dévisageâmes silencieusement en cherchant dans le regard de l'autre une trace de ressentiment. Il n'y en avait pas dans le mien. Pourtant, lorsqu'il me répéta pour une énième fois « je t'aime », je ne pus que sourire encore mais penser « menteur ! ». Quand on aime, on ne quitte pas l'autre. L'amour c'est vouloir le bonheur de l'autre ? Et mon bonheur à moi ? Ca veut obligatoirement dire le laisser partir vivre sa vie loin au détriment de mon propre bonheur ? C'est de l'égoïsme tout au plus... Pff, c'est moi l'égoïste dans l'histoire... Son regard s'emplit de tristesse. Inutile d'être aussi dupe... Il me connaît par c½ur. Personne ne me connaît aussi bien que lui. Il lit en moi comme dans un livre ouvert. Il voit ma souffrance et la ressens. Il lit mon regard impassible et mon sourire illusoire. Malgré tout il ne dit rien. Il ignore cette peine. Parce qu'il est impuissant ? Ou parce qu'il a peur d'être faible et de renoncer à son rêve pour moi ? Comment puis-je me montrer si égoïste ?
Sa main caressa ma joue tendrement et finit par emprisonner mon visage au creux de ses mains. Mes joues étaient humides. Non, elle était inondée de larme ! Je ne les ais pas sentie coulé. Il embrassa mes joues humides - sa façon de sécher mes pleurs. La chaleur de son souffle me chatouilla le cou. La douceur de ses lèvres chavire mon c½ur. Il bondit dans ma poitrine, j'ai la sensation d'être rassasiée, je vie ! En se dégageant - trop vite à mon goût - il plonge son regard dans le miens sans lâcher mon visage de ses mains douces et tendres. Je me noie dans son regard et son odeur m'enivre, me fait tourner la tête. Son visage est si proche du mien. Les mots sont inutiles lorsque nous sommes tous les deux. On se comprend par de simples gestes et le regard. Pourtant il me murmura à l'oreille, histoire que je n'en doute pas :

- Je t'aime...

Nos derniers moments ensembles sont bousculés par la course du soleil qui apparaît au-delà du mont Nibel. Je supplie le temps de s'arrêter. Comme s'il avait entendu mes prières, il s'exauça. Son visage se pencha sur moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes intensivement. Doux pour commencer, il intensifia son baiser, me rappelant que nous passions nos derniers moments ensembles. Mes bras enlace machinalement sa nuque de manière à le retenir, l'empêcher de s'éloigner de moi. Je le serre, l'attire toujours plus vers moi. Ne pars pas ! Aucun de nous de souhaite rompre ce baiser car l'arrêter signifiera le moment de se dire adieux. Mes doigts s'agrippent toujours plus fort à son débardeur blanc. Je ne respire plus, j'étouffe. Si seulement je pouvais mourir dans ses bras. Cette pensée traversa son esprit. Il me serra d'avantage jusqu'à ce qu'on perde connaissance tous les deux... Bien qu'il me promette cet amour éternel, mon c½ur avait bien comprit que notre histoire, à peine commencé après toutes ces épreuves, venaient de se terminer...

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C'est ainsi que ça s'était passé. Et maintenant sa voix continue de raisonner à ses oreilles, lui brouillant ses sens et sa capacité à réfléchir. Même après tout ce temps, ses lèvres brûlent toujours en souvenir de ces baisers fougueux. Une partie d'elle s'est volatilisé avec lui, au moment où il est monté dans ce camion qui l'a emmené loin du village, disparaissant à l'horizon parmis les plaines verdoyantes. Elle n'avait que ses yeux pour pleurer et ses souvenirs pour délirer...

« ...ifa... Tifa... »

- Quelqu'un... m'appel... ? Songea Tifa en cherchant du regard l'origine de cet appel.

Quelqu'un de proche ? Ou bien un inconnu ? Des échos empêchaient de mettre un visage sur cette voix. Des échos de paroles. Des bavardages incessants qui lui donnaient toujours l'impression que sa tête allait exploser. Ils s'intensifiaient dans son esprit jusqu'à lui donner la migraine. Des grincements et des petits chocs réguliers se mêlèrent au vacarme. Il lui sembla même percevoir de subtiles secousses en-dessous de ses pieds.

« Tifa... Tifa Lockheart... »

Il s'agissait visiblement de quelqu'un de solennel pour l'appeler ainsi par son nom de famille. Ou bien quelqu'un d'aigrie ou d'énerver ? Autour d'elle aucune trace de vie si ce n'est ce tableau déchirant dans lequel elle se voyait en compagnie l'homme de sa vie. Les dernières minutes qui composaient son bonheur volaient en éclats dans un bruit de verre brisé. Et tout ça juste devant ses yeux. Des fragments de rêves fracassés qui continuaient de tourmenter ses nuits et tiraillait la blessure de son coeur meurtrie. Nuit après nuit... cette scène lui revenait en tête. Une fois brisé, le tableau fit place au néant. « Que quelqu'un me réveille... » Suppliait Tifa.

- MELLE LOCKHEART, ON SE REVEILLE !!!

Accompagné de ce beuglement strident et pourtant très grave, s'ajouta un violent coup de choc à proximité de son visage, raisonnant à son oreille et faisant trembler le support sur lequel sa tête était posé. Prise de panique, Tifa Lockheart se redressa brusquement sur le dossier de sa chaise en poussant un hoquet de surprise. La réaction fut immédiate, une certaine quantité d'individus s'esclaffèrent autour de la jeune fille qui reprit petit à petit ses esprits un peu confus. Face à elle, un homme robuste ne lui laissa pas l'occasion de comprendre ce qui se passait.

- Melle Lockheart !! Gronda l'homme sur un ton farouche. Maitriseriez-vous parfaitement le sujet au point de ne pas vous donner la peine de le suivre ? Si c'est le cas, vous feriez aussi bien de ne pas venir du tout !

Tifa jeta un regard à la fois ahuris et abasourdie à l'homme qui jurait à son intention alors qu'elle tentait de rassembler ses esprits. Le regard de l'homme la foudroya sur place tandis que les ricanements s'élevèrent en la désignant d'office. Une nouvelle manière d'accaparer l'attention... Comme si elle avait besoin de ça en ce moment. Tous les yeux étaient braqués sur elle. Un petit rassemblement de étudiants jeunes et immatures qui la détaillait avec des sourires narquois et mesquins, avec pour seule objectif : mettre la main sur un incident destiné à les divertir, les sortir de l'ennui – ainsi que décrocher une nouvelle « tête à claque » à humilier. Au centre de tous, il y avait cet homme qui lui donnait l'impression d'avoir commis une faute grave qui mériterait la peine de mort. Une façon très désagréable – et impolie - d'être dévisagé mais à laquelle Tifa avait finit par s'habituer – tout comme le tumulte des bruits de klaxon au petit matin devant chez elle, ou bien le chien errant qui vagabondait dans les rues en hurlant à mort, ou encore les commerçants ouvrant leurs boutiques en invitant les potentiels clients qui se levaient aux aurores. Après tout, c'est vrai ce qu'on dit : « on s'habitue à tout ». Qui aurait cru qu'elle s'habituerait à ce genre de vie cela dit ? Pas elle en tout cas...

- Pardonnez-moi professeur... S'excusa Tifa en esquissant un sourire gêné, regroupant ses affaires en espérant que cet incident serait oublié d'ici la fin de la journée.
- C'est la troisième fois cette semaine que vous sombrez pendant l'un de mes cours Melle Lockheart... Une fois de plus et je me verrais dans l'obligation d'en informer votre professeur principale où recourir à des méthodes plus efficace : invoquer le conseil disciplinaire !
- Non, non, ce ne sera pas nécessaire ! Ca ne se reproduira plus ! Excusez-moi ! S'exclama Tifa en jetant un regard suppliant à son professeur.

Ce dernier, un homme au visage carré et bourrus entouré d'une épaisse barbe noir et négligé, la dévisagea à travers ses petits yeux porcins et menaçants. Se donnant l'impression de réfléchir, Tifa savait pertinemment que la pitié ne faisait pas partie des traits de sa personnalité. Impitoyable, menaçant, bavard et antipathique avec un rire de cheval grossier, tous ces mots lui correspondaient déjà plus. A L'instant même où son corps proéminant pleins de graisse avait franchis le seuil de la classe en fermant violement la porte et en transperçant l'assemblée d'un regard dédaigneux, il est devenu évident pour tout le monde qu'il était d'une humeur massacrante et qu'il chercherait n'importe qui sur qui reporter sa colère, même si pour cela il lui faudrait renvoyer un élément de l'école. C'était son objectif de la matinée et malheureusement, sa fougue se reporta sur Tifa...
La jeune fille, qui tentait de disparaître derrière ses mèches de cheveux noirs et longs – Yevon, merci qu'ils soient toujours aussi longs – commença à baisser les yeux en espérant que cet incident ne fasse pas remonter son dossier auprès du conseil disciplinaire... Avec certains types de personnes, il faut savoir s'écraser et faire profil bas pour éviter les désagréments. Le professeur remplaçant Mr Heiddegger en faisait parti... Les élèves retinrent leur souffle en attendant le jugement de l'impitoyable professeur. Mais pour toute réponse, la sonnerie marquant la fin du cours d'économie retenti. Un souffle de soulagement monta en Tifa mais resta coincé dans sa gorge tant que le professeur Heiddegger gardait un oeil sur elle en grimaçant. Il finit par s'éloigner furibond :

- Je ne comprendrais jamais pourquoi les élèves se forcent à venir, s'ils ne veulent pas suivre les cours... Bougonna-t-il.

Tifa grimaça de honte. Elle l'avait échappé belle. L'incident étant clos, les élèves rassemblèrent leurs affaires, plus où moins déçue du verdict et s'éparpillèrent en direction des couloirs. Tifa resta figer quelques instants pendant lesquels elle reconsidérait la situation. Une minute de plus et Heiddegger lui collait presque un procès... Elle n'avait pas pour habitude de s'endormir en cours. Le sommeil l'avait prise de cours. Normale après toutes ces nuits blanches. Dormir en pleine journée la rendait vaseuse mais surtout, ce rêve risquait de lui pourrir la journée. C'est pour cette raison qu'elle anticipa la chose et décida de mettre ce rêve dans un coin de sa tête en espérant ne plus y repenser à l'avenir.
Rassemblant ses affaires, son regard se perdit dans la classe jusqu'à accrocher celui d'une élève qui était assise quelques rangées devant. Elle la dévisageait avec sagesse. Lui adressant un sourire compatissant, elle rejoignit Tifa après avoir rassemblé ses affaires.

- Alors miss Lockheart ? On émerge enfin ? Se moqua la jeune fille.
- Eh oui, il faut bien se réveiller pour suivre le cours suivant... Acquiesça Tifa en se joignant à la plaisanterie.

Hilares, les deux filles rejoignirent les couloirs, non pas sans entendre un dernier juron de la part d'Heiddegger à leur intention. Une fois suffisamment éloignée, l'amie de Tifa – une belle et grande brune aux longs cheveux attachés en tresse par un n½ud rose assortis à son ensemble élégant et raffiné - reprit d'un air plus sérieux et agacé :

- Qu'est-ce qu'il a Heiddegger ? Il se montre très agressif envers tout le monde ces temps-ci !
- Je ne sais pas, il a peut être peur de perdre sa place... Suggéra Tifa en haussant les épaules – perspective envisageable étant donné que ce professeur n'a pas une très haute opinion auprès du conseil administratif.

Aéris maugréa en considérant la supposition, suivant la vague d'élèves en mouvement. Tous se dispersaient pour se rendre à leur prochain cours. L'université était imposante et disposait de nombreuses salles de classe avec divers options aux choix. Club de sports, club de lecture, club de journalisme, et autant d'activités auxquelles Tifa aurait aimé s'adonner si le temps et le disponibilité lui avait laissé l'occasion d'essayer...

- Une nouvelle tête dans l'école ne serait pas du luxe... Ajouta finalement Aéris en affichant un sourire. Si c'est un beau et jeune professeur, j'irais bien l'interviewer pour le journal de l'école ! Plaisanta-t-elle avec ce sourire malicieux dépourvue de méchanceté.

Aéris Gainsbourg... En la voyant arrivé, personne ne peut douter de son honnêteté et de sa gentillesse. Elle est la douceur incarnée. On s'en aperçoit au premier regard. Elle ne fait pas semblant. A l'écoute, patiente, joyeuse, enthousiaste en toute circonstance, calme avec une voix doucereuse, elle était la première personne à lui avoir souhaité la bienvenue dans l'école et l'une des exceptions à continuer à lui adresser la parole d'ailleurs. En tant que membre du comité du droit des élèves et du club de journalisme, Aéris était venue se présenter à Tifa. Les deux jeunes filles avaient rapidement sympathisé et sont devenues amies. Âgée de seulement quelques mois de plus par rapport à Tifa, Aéris était très mature et donnait l'impression d'être déjà une jeune femme à marier. Elle était une personne de confiance sur qui Tifa se reposait beaucoup, chose qu'elle se reprochait suffisamment. Toujours soucieuse des autres avant elle, Tifa aimait la compagnie d'Aéris.

- J'ai vraiment eut chaud tout à l'heure... Réalisa Tifa en repensant à l'incident.
- Tu sais pourtant bien qu'Heiddegger t'as dans le collimateur, ne lui donne pas une occasion de te prendre pour cible ! Lui conseilla Aéris sur un ton plus ferme qui masquait une trop grande inquiétude.
- Ca ne serait qu'une personne de plus, plaisanta Tifa avec un triste sourire.
- Non, je suis sérieuse Tifa ! La coupa Aéris en lui attrapant le bras, l'obligeant à s'arrêter dans le couloir. Parfois je me dis que tu t'en fiches que les gens te traitent comme ça. Tu te dis que c'est normal, ou tu te fais une raison... Mais ça n'a rien de juste, réveille-toi enfin !
- Ouah, t'es pas membre du conseil du droit des élèves pour rien... Continua Tifa en riant.
- Tu ne te soucies vraiment pas de ce qui arrive... ? Ils n'ont pas à te traiter comme ça, tu n'as rien fait de mal !
- Si... A leurs yeux, j'ai fait quelque chose d'impardonnable... Et s'il faut que je me batte pour « ça » alors je me battrais, j'encaisserais, parce que ça vaut le coup.
- Tifa...

Le regard d'Aéris dévisageait celui de Tifa avec un mélange d'inquiétude et d'admiration. Aéris se considérait comme une grande s½ur pour Tifa. Elle voulait la protéger des brimades et du monde entier. Tifa lui en était reconnaissante. Mais ses efforts seraient inutiles. La jeune femme voulait avant tout parvenir à se débrouiller et se défendre par elle-même. Dotée d'un caractère fort, Tifa était bien la dernière personne qui se laisserait impressionner par les autres. Pourtant certaines paroles étaient blessantes et Tifa peinait à masquer sa peine à ses amis... Tifa voulait assumer sa vie et ses problèmes sans dépendre des autres. Cette sensation d'indépendance lui soutira un sourire et une certaine fierté. Elle réalisait de par ses mots et sa façon de penser à quel point elle avait mûrie. On ne lui a pas vraiment donné le choix de toute manière. Âgée d'à peine 19 ans, elle devait faire face à une situation qui la dépassait complètement. Une situation que peu de personnes pourraient gérer. Et pourtant son attitude suscitait le mépris de d'une grande majorité des citoyens de Midgar. Une nouvelle moquerie de la part des élèves le lui rappela :

- Hé Lockheart, c'est bientôt le jour du paiement des frais de scolarité, fais gaffe à pas t'enrhumer, il fait froid sous les ponts à cette époque de l'année !

Ses camarades qui l'accompagnaient – une bande de garçons railleurs et habillés de manière débraillé -- se joignirent à la plaisanterie en continuant leur chemin. Tifa ne leur adressa pas un regard. Aéris, au contraire, les foudroya du regard avec mépris en rétorquant avant qu'ils ne disparaissent :

- Et toi, fais gaffe à ce que personne n'apprenne ce que tu fumes dans les toilettes ! Trancha-t-elle avec agacement.

Les camarades du petit « plaisantin » qui s'en était pris à Tifa explosèrent de rire en sifflant la répartie d'Aéris d'un air impressionné. Le garçon visé ne semblait pas le moins du monde affecté par cette pique et aucunement inquiet. Peut être savait-il qu'Aéris avait un grand c½ur ? Qu'elle ne les balancerait pas - quelqus que soient leur comportement - malgré les informations qu'elle détenait pouvant les conduire au renvoi définitif. Malgré sa quantité d'information qui pourrait suciter la crainte, personne ne se dressait jamais contre elle, comme si elle était une force de la nature. Sa gentillesse en était sans doute la raison. Cela n'empêchait pas certains élèves de la craindre par moment, bien que tout le monde l'adore. Le garçon lui adressa un clin d'½il charmeur, ce à quoi Aéris répondit par un roulement des yeux en l'air avant de tourner les talons, entrainant Tifa avec elle.

- Ne les écoute pas ! Conseilla Aéris - un conseil qu'elle accordait plus à son intention qu'à celle de sa petite protégée.
- Ne t'en fais pas, ce qu'ils disent ne m'atteins pas...

Piètre mensonge... La mauvaise plaisanterie faisait référence à ce revenu mensuel qu'exigeait cette école en échange de leur enseignement. Revenu auquel Tifa éprouvait de grandes difficultés à régler... De toutes les écoles de la ville, Tifa ne s'était pas inscrite dans la moins onéreuse. La faculté de Balamb était l'une des plus prestigieuses et des plus chères aussi. Jamais Tifa n'aurait songé à y entrer avant que l'école n'accepte sa candidature. Il y avait enfin quelqu'un qui reconnaissait ses connaissances et pouvaient lui ouvrir les portes d'un avenir meilleur. Chose qu'elle n'aurait jamais cru possible dans sa situation. Mais pour ça, il fallait résoudre le problème du paiement. Etant sous la propriété de la Shinra - la société la plus grande et la plus puissante du monde qui dirige tout -, leur enseignement n'était pas accessible à tous... Bien qu'elle ait accès à certaines aides que lui prodigue la Shinra, les revenus de Tifa n'en restaient pas moins souvent trop justes dans le financement de l'école et de sa vie privée... Depuis qu'elle est entrée dans cette ville, Tifa accumulent les problèmes financiers... Bien qu'elle fasse semblant que tout aille bien, Tifa nageait dans les factures. Ce n'est donc pas ce mensonge effronté qui parviendra à duper Aéris.

- Je vais bien, la rassura Tifa avec un sourire qui se voulait encourageant.
- Si tu le dis... Soupira Aéris sceptique en abandonnant ce combat perdu d'avance. Mais tu sais, si tu as besoin, je peux toujours...
- Non, je refuse de t'emprunter de l'argent ! La devança Tifa en reprenant sa route dans le couloir, roulant ses yeux au ciel.
- Oooh, mais laisse donc tomber un peu ta fierté et accepte mon offre ! Se moqua Aéris en la suivant avec un air faussement accablée.

Tifa s'esclaffa une nouvelle fois. Il était plaisant d'être en se compagnie. Aéris avait le don de dédramatiser une situation. Où si ce n'était pas le cas, elle permettait à Tifa de trouver des solutions et de garder confiance en elle. Son soutient était la chose la plus importante à ses yeux. Pourtant, Tifa remarquait bien l'inquiétude de son amie à son sujet. Sa sollicitude à son égard est des plus touchantes, mais pas question d'accepter la charité. Afin de changer de sujet, Tifa lança Aéris sur le devoir d'économies qu'elles devaient rendre pour la semaine prochaine. Heiddegger ne leur fera pas de cadeaux à l'approche de la fin de 1er trimestre.

- Oui, les examens de fins de trimestres vont être marrant, ironisa Aéris en soupirant. Tu as besoin d'aide pour tes révisions ?
- Hm, ça ira. Mais il faudrait que j'emprunte des bouquins à la bibliothèque... Songea Tifa. Je suis débordée avec tout ça.
- On pourrait organiser un groupe de travail à l'occasion, histoire de tous s'entre-aider, suggéra Aéris plus enthousiaste.
- Pourquoi pas ? C'est une bonne idée !

Alors qu'elles continuèrent de discuter avec enthousiaste sur la perspective de former des groupes de travail afin de faciliter la tâche et diminuer la corvée, une voix sonore et fluette les interrompit avec excitation.

- Les filles, vous ne devinerez jamais ce qui vient de m'arriver !! S'enthousiasma une jeune fille en sautant d'excitation devant les deux étudiantes.

Aéris et Tifa dévisagèrent la nouvelle arrivée avec étonnement. Son trop plein d'énergie était suspect bien qu'entraînant. Aéris et Tifa échangèrent un regard complice et amusée devant un tel entrain. De la même taille que Tifa, la nouvelle venue souriait à pleine dent, ce qui illuminait son visage scintillant et malicieux. On dirait qu'elle sortait tout droit d'une revue pour un magazine de mode. De fins cheveux noirs qui lui tombaient sur les épaules encadraient un visage fin et délicat. Ses yeux pétillants avaient le don de séduire tous les garçons qui croisait sa route. Linoa Heartlly était connu dans l'école comme étant l'une des plus belles et populaires filles de l'école. Elle était belle, gracieuse, svelte, l'ennemie naturelle de toutes les femmes. Tous l'adulaient, la regardait avec admiration, envie et respect. Cela n'étant pas dû uniquement à son statut de comtesse. Tout le monde la voyait comme quelqu'un de mature et spontanée, enjouée et déterminée. Pourtant, son attitude enfantine et immature donnait plutôt l'impression d'une manipulatrice qui maintenait tout le monde entre ses mains. Toute la gente masculine du moins.

- Oh non Linoa... Souffla Aéris en comprenant soudain la raison de cette excitation.

Tifa lui adressa un regard interrogateur alors que Linoa pouffa. Tous les regards se tournèrent vers eux sur leur passage. Deux des filles les plus populaires discutaient tranquillement dans les couloirs ensembles, comme si de rien n'était. Pour Tifa, ces deux filles n'étaient rien d'autre que ses meilleures amies... Mais pour les autres, elles étaient plus que ça. Linoa en particulier puisqu'elle pose dans tous les grands magazines de modes du pays. Tout ce qu'elle portait avait de l'allure et de la classe. On pouvait être sûr qu'à la fin du mois, tout le monde portait la même chose. N'aimant pas que tout le monde la copie – bien qu'elle trouve ça flatteur – Linoa renouvelait constamment sa garde-robe. Peu importe la couleur, tout semblait assortis à son corps et son visage. La couleur qu'elle préférait était le bleu qu'elle rapportait au ciel et aux anges. Mais rien de ce qu'elle portait n'était donné... Son père faisant partie de la shinra et portant le titre de compte, on peut dire que sa famille est pleine aux as. Une situation aisée qu'enviait parfois Tifa bien que son amie lui ait souvent proposé un soutient financier. Linoa n'était pas si superficiel. Ca dépend des domaines, des personnes, et il faut bien la connaître. Tifa avait apprit à l'apprécier et s'est rendu compte à quelle point elle avait du c½ur. C'est Linoa qui lui a permit de toucher certaines aides auprès de la shinra. Ce soutient financier était un cadeau de la part de Linoa que Tifa était gênée d'accepter. Pourtant, cet apport était plus que la bienvenue. Les deux filles sont devenues amies à cet instant. Dommage qu'une fille aussi généreuse soit aussi difficile et exigeante. C'est la raison pour laquelle Linoa soutient son statut de célibataire en majorité du temps... Ce détail percuta l'esprit de Tifa qui comprit soudain ce tel entrain.

- Oh, quelqu'un t'as fais une nouvelle déclaration... Présuma Tifa sur un ton perplexe.
- Ding, bien vue ! Devinez qui c'est ?! Je vous donne un indice : il est membre de l'équipe de blitzball ! S'enthousiasma Linoa.
- Ouah, carrément ? Siffla Tifa impressionnée.
- J'assure c'est vrai, acquiesça Linoa hilare. Bon, vous avez deviné ?
- Je ne sais pas... Wakka ? Se hasarda Aéris en haussant les épaules.
- Bzz, perdu ! Pourquoi je sortirais avec ce boulet ? S'esclaffa Linoa.
- Pour plusieurs raisons ! D'abord il est l'un des meilleurs joueur de l'équipe, voir du monde. Il est beau, talentueux, téméraire, athlétique... Enuméra Aéris qui connaissait bien le concerné.
- Mouais, admettons... Je préfère nettement mon joueur qui m'a promis de m'emmener voir son prochain match, plaisanta Linoa.
- Et qu'est-ce que tu fais de ton petit ami ? Lui rappela Aéris avec un regard sévère.
- Qui ça ? Squall ? Laisse tomber, j'arrive pas à le comprendre ce mec, maugréa Linoa en laissant tomber sa bonne humeur. Je songe sérieusement à le plaquer.

N'importe qui aurait été inquiet en entendant l'une de ses meilleures amies dire que ça ne va pas fort avec son copain et qu'elle veut se séparer. Mais les histoires d'amours de Linoa étaient particulières. Voir injustes. Il faut savoir que Linoa est une fille très séduisante qui joue de ses atouts pour avoir tout le monde à sa botte : professeurs, garçons, politicien fortunés... Elle a la manie d'obtenir tout ce qu'elle veut et plus encore. A croire que rien ne lui résiste. Lorsqu'elle sent qu'une chose lui échappe, elle se borne à l'obtenir quel qu'en soit les moyens ou le prix. Bien qu'elle soit fortunée, sa situation ne l'a satisfait pas pleinement. Elle est très vénale et exige de tout posséder. Toujours à l'affut de ce qu'elle n'a pas, elle veut toujours plus. Cela s'attribue à tous les domaines, particulièrement les histoires de c½ur. La jeune fille ne sort jamais sérieusement avec un garçon. Elle collectionne les histoires de c½ur et les garçons comme on change de chemise, sans tenir compte des sentiments de ses amants. Elle largue habituellement le garçon avant qu'il ne se fasse trop d'idée – environ quelques semaines après leurs premiers rendez-vous - ou ne sort avec des garçons que pour s'amuser et ne pas passer pour une célibataire - ce qu'elle est en réalité. Pourtant, son dernier copain : Squall Leonheart avait battu les records en matière de durée. Sa chance s'est-elle estompée ? A moins que la jeune fille ne décide de le garder malgré cette nouvelle invitation. Le principe de sortir avec plusieurs garçons en même temps ne semblait pas lui poser d'avantage de problème. Un point de vue que ne partageaient pas ses deux amies. Pour Aéris, la fidélité était un symbole pour le couple ! Tifa partageait ce sentiment... Alors qu'il y a quelques années encore, l'amour de sa vie lui avait brisé le c½ur... Le souvenir de son rêve lui revint en tête ainsi que la douleur qui transperça son c½ur. Tifa secoua vigoureusement la tête. Chassant ces idées noires de son esprit, elle se recentra sur la conversation avant de sombrer d'avantage dans cet océan de noirceur auquel elle s'était extirpée.

- Je croyais que c'était très « love-love » entre vous ? C'est déjà terminé ? Se renseigna Aéris en soulignant les mots qu'avait l'habitude de prononcer son amie.
- Hmm... Oui... Non... Je ne sais pas... Hésita Linoa indécise.
- Tu ne sais pas... mais tu vas quand même sortir avec ce mec de l'équipe de blitzball, comprit Aéris en lui jetant un regard soupçonneux.
- C'est quand même Tidus !! Révéla Linoa sur un ton qui frôlait l'hystérie, oubliant de faire durer le suspens.
- Quoi ?! S'exclamèrent Aéris et Tifa à l'unisson.

Linoa élargit son sourire, fière de l'effet que sa nouvelle conquête avait eut sur les deux jeunes filles. Tidus ! Le meilleur joueur de blitzball de l'école et même du monde ! Un morceau de choix si l'on peut dire... Bien au-dessus de Wakka et tous les autres joueurs. C'est un génie dans son domaine, un dieu et l'idole des jeunes. Son père était un célèbre blitzballer repenti. Il était très connu, avait fait une très belle et longue carrière. Son fils souhaite à présent perpétuer la tradition en devenant un grand champion légendaire. Tifa avait même affiché un poster du jeune homme dans sa chambre. Elle n'était pas spécialement fan, mais ce garçon avait de l'allure et était très séduisant. Qui aurait cru que cette célébrité étudiait dans cette faculté ? Quel choc de l'avoir croisé alors qu'il gambadait innocemment dans les couloirs de l'école. Si Aéris n'avait pas été là pour la soutenir à ce moment, Tifa serait volontiers tombé dans les pommes. La jeune fille était presque jalouse que Linoa ait autant de succès. Point de vue qu'une majorité de filles partageaient. Alors que les garçons ne pouvaient s'empêcher de la regarder avec admiration lorsqu'ils passaient près d'elle, les filles, au contraire, lui adressait des regards méprisants. Chose qu'adorait Linoa. C'était sa manière à elle de se croire supérieur...

- Il m'a attendu exprès à la sortie des cours pour me dire qu'il me trouvait mignonne et qu'il avait envie de sortir avec moi depuis longtemps ! Détailla Linoa en dansant sur place l'air rêveur.
- Non mais quel lâche... Jura Aéris, suscitant l'étonnement de ses deux amies. Je suis certaine qu'il fait ça pour oublier les problèmes qu'il a avec sa copine !
- Qu... Quoi ? Il a une copine ?!! S'exclama Linoa en écarquillant les yeux.
- Eh oui ! Il ne te l'a pas dit ? Ironisa Aéris avec un sourire sarcastique, sa façon à elle de lui dire « je t'avais prévenu que flirter sans cesse à tords et à travers se retournerait contre toi un jour ou l'autre ».

Aéris était bien informée sur tous les élèves de l'école. Elle mettait un point d'honneur à gérer les conflits dans toute la structure et s'intéressait de près au cas de chacun. De fil en aiguille, elle s'était liée d'amitié avec tout le monde. Elle était devenue une sorte de confidente sur qui on peut compter. Sa sociabilité auprès de tous les élèves étaient enviables. Aéris était encore plus généreuse que Linoa. Mais ce travail au comité de défense du droit des élèves lui avait valu de devenir une mine d'information et de potins en tout genre. Elle connaissait tout sur tout le monde. Tifa se souvenait de toutes les fois où Linoa l'avait supplié de lui donner quelques ragots croustillants à se mettre sous la dent – cette fille n'a aucune morale... Mais en bonne confidente, Aéris avait bien entendu refusé de divulguer ces informations. Or la nouvelle qu'elle venait d'annoncer à Linoa semblait l'avoir secouée. Et oui... Quelques secrets feraient mieux de rester secrets...

- Il a une copine... Je n'arrive pas à croire qu'il m'a demandé de sortir avec lui alors qu'il a une copine ! Grommela Linoa en fronçant les sourcils d'un air scandalisé, un peu trop théâtral au goût de Tifa.
- Eh oui, comme quoi les garçons sont tous de gentils saint-Maritain à qui on peut faire confiance. C'est beau d'avoir de l'espoir... Ironisa Aéris à présent amusée par la situation.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? Demanda Tifa à l'adresse de Linoa.

La jeune fille était encore plongée dans ses réflexions. Un nouveau plan était à prévoir. Aéris leur proposa de réfléchir à tout ça en marchant, inutile de se mettre en retard. Elle pensait bien entendu au cas de Tifa en disant ça. Encore une fois, elle ne voulait pas que les professeurs s'en prennent à elle pour des raisons injustifiées. La haine gratuite était quelque chose qu'Aéris ne supportait pas. Pourtant son prochain professeur est loin d'être un martyre. Bien au contraire. La sortant de ses pensées, Linoa donna sa décision que craignait Aéris.

- Je vais quand même sortir avec lui !
- Pourquoi ça ne m'étonne pas... ? Soupira Aéris désespérée.
- S'il veut sortir avec moi, c'est qu'il est malheureux avec sa copine, je vais donc la lui faire oublier, expliqua simplement Linoa sur un ton d'évidence à la limite de l'insolence.
- T'essais simplement d'esquiver la réalité, ça t'arrange de penser ça ! T'es... vraiment désespérante... Finit par dire Aéris.
- Merci !

Tifa ne put s'empêcher de sourire en voyant ses deux amies se chamailler amicalement. Ces deux filles étaient pourtant si différentes l'une de l'autre. Difficile de croire qu'elles soient devenues amies. Et pourtant elles se connaissent depuis longtemps mais ne sont devenues véritablement proche que récemment. Linoa, qui traînait avec un groupe de filles superficielles et fortunées, avait longtemps observé Aéris et Tifa devenir amies de loin. Cette amitié naissante faisait envie à la jeune milliardaire. Et comme tout ce qui lui faisait envie, Linoa s'était lancé en quête de cette amitié. Non pas pour la détruire mais pour la consolider et s'y faire une place. Bien que surprises par l'intérêt soudain que leur portait « miss popularité », comme la qualifiait Aéris, leur deux jeunes filles l'avait invité à se joindre à elle. Le dialogue est venu naturellement et maintenant les trois jeunes filles passent une grande partie de leur temps ensembles. Bien entendu, leur univers est très différents les unes des autres, ce qui ne les empêche pas de bien s'entendre.

- Hé Heartlly-chérie ! Lança un garçon mielleux qui passa près d'elle en adoptant une démarche nonchalante mais surtout ridicule. Faudra se faire une petite sortie tous les deux un de ces quatre, tu m'as promis !
- Appelle-moi ! S'amusa Linoa en mimant un téléphone avec sa main, usant de son charme ravageur pour distraire suffisamment ce garçon jusqu'à ce qu'il percute un mur.

Aéris roula les yeux au ciel pendant que Linoa gloussa. Elles ne partageaient pas le même point de vue sur tout... Les couloirs se vidèrent peu à peu, les élèves entrèrent dans leur salle de classe. Aéris avait quitté ses deux amies pour se rendre à son prochain cours. Elles n'avaient pas tous leurs cours en commun. Aéris avait choisis quelques options secondaires dont les cours se passaient dans un autre bâtiment. Soucieuse de ne plus être à ses côtés, elle avait fait promettre à Linoa de garder un ½il sur Tifa.

- Je ne suis pas un bébé ! Lui fit remarquer cette dernière d'un air excédée. Je peux me rendre à mon cours toute seule !
- Je sais bien ma chérie, mais dis-toi que je fais ça pour ton bien ! Se moqua Aéris en affichant un sourire maternel.
- D'accord, « maman » ! Poursuivit Tifa sur le même ton.
- Ha, ha, je promets de prendre soin de votre enfant Mme Gainsbourg ! Ajouta Linoa hilare.
- Vous avez toute ma confiance Melle Heartlly !
- Bon si vous avez finit, on peut peut être y aller ? Les interrompit Tifa, craignant que ce jeu ne s'étende jusqu'à la sonnerie.
Enjouée, les filles se saluèrent après s'être donné rendez-vous plus tard en fin de journée.



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# Posté le mercredi 13 mai 2009 10:40

02 - Chapitre 2

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Elle a des reves de jeunes filles
Qu'elle pense tout bas
Qu'elle murmure et qu'elle ravale


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Linoa et Tifa se dirigèrent vers leur prochaine salle de cours. L'histoire n'avait jamais fasciné Linoa qui grogna jusqu'à la porte de la salle. « L'histoire n'est que du passé que l'on ressasse parce que les SOLDATS n'étaient que des incapables. S'ils voulaient en finir avec l'invasion des chimères en 921 avant l'arrivée de Yevon, ils n'avaient qu'à utiliser la « sister-Ray », l'arme la plus puissante de la shinra » disait-elle. Tifa se demanda si son amie avait vraiment conscience que l'avancée technologique n'était pas la même d'une époque à l'autre. Les choses ont évolué et c'est en partie grâce à la Shinra.
Bien que Linoa déplore que les cours d'histoires l'ennui à mourir, sa mémoire enregistrait toutes les dates importantes, capacité qu'enviait Tifa. Comment une fille aussi in-intéressée des cours peut-elle avoir ce genre de don ? Il devrait être attribué à ceux dans le besoin qui ont soif d'apprendre et ne sont pas focalisés sur les produits de beauté hors de prix. Tifa appréciait réellement cette matière qu'elle trouvait passionnante. Cela étant dû en partie à l'enseignement de leur professeur...

- Entrez et asseyez-vous rapidement, ordonna une femme assez jeune lorsque les filles franchir le seuil de la classe.

Ses cheveux blonds vénitiens, attachés en chignon, laissait deux mèches épaisses masquer une partie de son visage ,absorbé sur un livre qu'elle était en train de consulter. Elle ne prêtait pas attention aux bavardages des élèves qui peinaient à prendre place pour une heure de torture. Remontant ses lunettes sur son nez, le professeur était très concentré sur sa tâche. La première chose que fût Tifa en entrant dans la classe fut d'aller à sa rencontre.

- Bonjour professeur Quistis ! Lança-t-elle joyeusement.
- Hm ? Ah miss Lockheart, l'accueillit le professeur Quistis d'un sourire aimable.
- J'ai terminé de lire ce livre que vous m'avez prêté, il était passionnant, dit Tifa en sortant de son sac un livre traitant de la révolution des chevaliers noirs.
- J'étais certaine qu'il vous plairait, acquiesça Quistis en récupérant le livre, un visage emplie de douceur. J'ai tout de suite vu que mes cours vous intéressait plus que la moyenne, continua-t-elle d'un air maussade.
- Vous aviez vu juste. La résistance des invoqueurs face à l'attaque des chevaliers noirs envoyé par la reine Barnet pour posséder le monde m'a vraiment laissé perplexe. Et j'ai trouvé l'intervention de la reine Ashelia B'nargin Dalmasca pour restaurer la paix vraiment honorable, décrit Tifa avec entrain alors que Linoa roula les yeux au ciel avant de rejoindre un groupe de garçon dans la classe, lasse de cette conversation trop « intellectuelle ».
- Et oui notre histoire recèle de nombreux héros... Je suis ravie de vous en avoir fait découvrir un de plus. Ca vous aidera lors de l'examen final de posséder ces connaissances.

Tifa acquiesça. Le professeur Quistis Trèpe était très jeune et très proche des élèves à telle point qu'elle se faisait appeler par son prénom. Son air sévère cachait en vérité une femme dévouée et à l'écoute. Douce et sensible aussi. Comparée à ses autres professeurs, Quistis était la seule qui ne la jugeait pas pour ce qu'elle était. Et contrairement à eux, elle n'enfonçait pas Tifa avec des brimades blessantes mais l'aidait à se sentir mieux et améliorer ses notes.

- A ce propos, enchaîna le professeur Quistis, est-ce que vous vous en sortez avec les révisions pour les examens du premier trimestre ?
- On fait aller... Soupira Tifa. Je ne serais pas contre quelques jours de vacances afin de travailler au calme. Je manque beaucoup de temps...
- J'imagine... Approuva Quistis d'un air désolée.
- Mais ça va ! Ne vous en faîtes pas ! J'ai bien organisé mon emplois du temps, je pense que je m'en sortirais, la rassura Tifa – beaucoup trop de gens se souciait d'elle à son goût.
- Et... hésita le professeur d'un air gênée. Concernant les frais scolaire... Ca va aller ?
- Ah... C'est une autre histoire, ça... Répondit Tifa en grimaçant. Je compte faire quelques heures supplémentaires et... réduire la consommation d'électricité... Mon proprio ne me jettera pas à a rue comme ça...
- Vous avez connu de meilleurs jours... Plaisanta Quistis en espérant ne pas vexer son élève.
- C'est certain... S'esclaffa Tifa alors que la sonnerie retenti.
- Tifa ! L'appela Linoa en lui adressant un signe de la main.
- Bien tout le monde prend place, le cours va commencer ! Ordonna le professeur Quistis en adoptant son visage ferme et dur.

Tifa se hâta de rejoindre Linoa, assise quelques rangs au sommet de la petite estrade. Passant près d'un groupe de fille en montant l'escalier, Tifa ne remarqua pas le sac d'une des filles dépassé de sous sa table et manqua de trébucher. Par chance, elle se rattrapa de justesse mais dû ramasser ses cahiers tombés sur le sol. Des gloussements du groupe de fille lui indiquèrent qu'il ne s'agissait pas d'un accident. Le professeur Quistis haussa le ton pour bien faire comprendre que son cours avait commencé. Tifa regroupa ses affaires et rejoignit Linoa sans dire un mot, tentant d'ignorer cet acte de méchanceté. Elle ne pouvait pas rétorquer ou se défendre. Pas face à une école entière... Linoa fusilla les filles du regard, ce qui n'eut aucun impact sur le groupe. Les élèves s'installèrent rapidement et sortirent leurs affaires pendant que le professeur Quistis commença à rédiger quelques notes sur le tableau. A peine le cours commencé, Linoa était déjà en pleine conversation silencieuse avec son voisin de classe. Plutôt charmant d'ailleurs. S'il ne faisait pas parti de ces élèves qui la jugeait et se moquait d'elle en permanence, peut être qu'ils pourraient devenir "amis"... Mais l'attitude de ce garçon à son éguard quelques semaines plus tôt lui indiquait que ça ne sera jamais possible. Si Linoa apprenait que ce garçon avait volontairement balancé les affaires scolaires de Tifa dans de la boue un jour de pluie, lui adresserait-elle encore la parole ?

- Midgar, la capitale du monde... Commença Quistis en effectuant quelques pas de longs en large de l'estrade, défiant tous ses élèves du regard. J'espère que vous avez bien révisé vos cours, on va voir ça tout de suite... Miss Timilt ! L'échelle de la ville, quelle est-elle ?
- 1/10000 ! Répondit précipitamment une jeune fille à la chevelure rousse en se levant.
- Bien, que pouvez-vous nous dire de plus ?

Quelques soupirs de soulagements se firent entendre dans la classe. Le sort s'était abattu sur Selphie Timilt, ce qui ne représentait pas un coup de sort pour cette jeune fille fascinée par les études. Ses résultats étaient toujours supérieurs à la moyenne et ses notes la classaient dans les 10 meilleurs éléments de l'établissement. Elle était très impressionnante. Selphie faisait partie des rares personnes à ne pas se soucier de l'existence de Tifa. Elle suivait le rythme à sa manière : en l'ignorant, ce qui n'était pas plus mal. Pourtant, ce petit génie aurait été une aide précieuse pour les révisions. Tifa avait entendu dire que la rousse organisait des cours de révisions en fin de journée avec son club de soutient. Malheureusement, Tifa en avait été bannie. Innocemment, elle s'y était rendue dans l'espoir de bénéficier de l'aide de petits génies comme Selphie. Si la rousse avait accepté sa participation, les autres élèves, eux, lui avaient vite fait comprendre qu'elle n'était pas la bienvenue d'une manière très simple : en balançant toutes ses affaires par la fenêtre. Selphie, malgré son goût prononcé pour la justice, était resté de marbre, regardant désolée les élèves pousser Tifa hors de la salle de classe avec brutalité. La victime était restée clouée au sol, le regard lassé de ces comportements injustifiés à son égard. Bien entendu, cet incident était resté sous silence. Tifa préférait cacher ce genre de chose à ses amies. Le visage insouciant et souriant de Linoa lui faisait supposer qu'elle faisait le bon choix en voulant préserver ses amies.

- La plaque du dessus est à 50 mètres de hauteur, récita Selphie sans hésitation et avec entrain. Et il y a une structure porteuse au centre de la ville sur laquelle se trouve le bâtiment Shinra. Midgar possèdent 8 réacteurs, le réacteur 01 est dans la section Nord. Et après il y a le numéro 2, le numéro 3 et ainsi de suite jusqu'au numéro 8...

Tifa notait les détails supplémentaires qu'ajoutait Selphie pour impressionner son professeur. Mais Quistis resta de marbre, habituée aux états « m'as-tu vu » de son élève. Pourtant, Tifa pouvait deviner une certaine fierté à travers ses lunettes rondes de professeur impassible. Après tout, il y a de quoi être fière de Selphie. Brillante, enthousiaste, volontaire, c'est elle qui s'occupe du comité d'organisation. Les bals, les activités intra-scolaires ou les voyages de découvertes et divers sorties étaient de son ressort. Le directeur lui refusait rarement quelque chose, ce qui lui valait le respect de ses camarades. Une sorte de moyens de dissuasion : « Si vous vous rebellez contre moi, j'annule le voyage de fin d'année ! ». Et ça marche...

- Les réacteurs procurent l'électricité à Midgar, continua Selphie avec aisance. Ils avaient un nom dans le temps, mais comme personne ne s'en souvient à Midgar, on les appels par des numéros. La superficie de...
- C'est bon Melle Timilt, laissez-moi de quoi finir le chapitre, autrement je n'ai plus rien à faire ici, la coupa aimablement le professeur.

Selphie, assise au premier rang, esquissa un large sourire satisfait de sa performance et reprit place. Ses rivaux lui jetèrent des regards de mépris et ses amis de fierté. Mais tous les regards se ciblèrent sur le professeur Trèpe qui cherchait une nouvelle victime à humilier. Quelques élèves tentaient de disparaître derrière leurs bouquins en espérant passé inaperçu. Tifa repassa ses cours dans son esprit au cas où elle serait désigné pour réciter la suite de la leçon. Linoa lui souffla discrètement de l'aider si le professeur Quistis l'interrogeait.

- Qui peut me dire ce que représente la Shinra ? Demanda le professeur en continuant d'arpenter la salle de classe, devant l'estrade.

Quelques mains se levèrent. Tifa jeta machinalement un coup d'½il vers la fenêtre par derrière laquelle apparaissait une immense tour imposante sur laquelle était dessiné le logo de la Shinra. La plus grosse structure de Midgar avec à sa tête l'homme le plus influant et imposant du monde : le président de la Shinra qui a donné son nom à son empire. Impossible de rater ou d'ignorer cette tour titanesque.

- La compagnie Shinra est une organisation qui domine le monde économiquement. Ils utilisent l'énergie Mako qu'ils extraient du sol à l'aide des réacteurs et s'en serve comme électricité...
- Bon Melle Timilt, vous voulez faire le cours à ma place ? La coupa sèchement Quistis.

La jeune fille vexée se tût alors que des ricanements moqueurs retentirent dans son dos. Elle ne demandait pas mieux que d'assurer le cours. Si elle pouvait, elle assurerait les cours de toute la faculté à elle toute seule et même celle des autres universités voisines. On ne peut pas dire que l'ambition lui manque. En attendant, ses parents mettaient en elle de grands espoirs pour la programmation spatiale. Un domaine qui ne fascinait pas la rousse. Ce qu'elle voulait avant tout, c'est faire partie des hauts gradés de la shinra... Un poste important qui lui vaudrait d'assister le président en personne dans ses décisions. Autant dire qu'elle visait très haut. Tifa sourit intérieurement. Quel projet intéressant bien qu'inaccessible...

- La shinra ne se limite pas seulement à l'économie, enchaîna le professeur Quistis. Ils s'occupent de l'armement, des recherches scientifiques et archéologiques, font des projets d'avenir pour le monde comme l'exploration de l'espace ou la recherche d'énergie nouvelle, la construction d'une nouvelle capitale... Et tout ça sans tenir compte de l'environnement. Ils gèrent tout en ce monde et sont la loi... Actuellement, ils projettent d'installer des réacteurs mako dans différentes régions du monde. C'est une mauvaise idée pour l'environnement. Pourquoi ça ?

De nouvelles mains se levèrent dont celle de Tifa. Celle de Selphie semblait s'imposer, se désigner d'office. Linoa tentait, elle, de s'enfoncer dans sa chaise pour disparaître. Le regard du professeur Quistis parcourra l'assemblée jusqu'à se poser sur un garçon qui se tenait au deuxième rang, l'air nonchalant, enfoncé dans sa chaise, les mains dans les poches. Quistis le défia du regard. Lasse, il se rassit correctement sur sa chaise avant de répondre :

- A cause de la mako... Annonça-t-il en surprenant Tifa qui s'était imaginé qu'il ne connaitrait pas la réponse.
- Exacte et pourquoi ça ? Poursuivis Quistis.
- L'énergie Mako est importante car elle nous procure l'énergie nécessaire pour vivre. Bien qu'il s'agisse en réalité du sang de la planète, expliqua une fille en monopolisant la parole sous les yeux exorbité de Selphie qui se voyait voler la vedette.
- Mais personne ne peut s'opposer à la Shinra car elle est puissante, enchaîna un garçon sans y être invité. De plus, elle se sert d'une force armée appelé le SOLDAT, qui est composé d'hommes à qui on a injecté du mako pour décupler leur force et leur capacité !
- Ah ouais le célèbre SOLDAT ! Cette organisation militaire dirigée par notre professeur d'économie, Heiddegger ! Ajouta l'un de ces compagnons.
- Ah ouais, ce gros pleins de soupe !
- Il ferait mieux de retourner dans ses bureaux à la compatibilité celui-là !
- Ha, ha, ha !


Une animation se leva suite au lancement du débat. Les élèves s'agitèrent avec entrain. Certains étaient révoltés et donnaient leur avis sans y être invité, dissipant les élèves. Le professeur Quistis poussa un soupire avant de retourner à son bureau, espérant que la calme reviendrait de lui-même. N'étant pas une admiratrice d'Heidegger, elle ne prit pas partie lorsque les élèves commencèrent à le rabaisser. Toutes ces critiques étaient fondées. Cet homme n'avait rien à faire dans cette faculté. Le président a dû décider qu'une formation à la faculté de Balamb lui serait profitable. Mais tout le monde sait qu'il cherche juste à se débarrasser de ce bon à rien... Tout ce que faisait la shinra soulevait de grands débats animés. Ce genre de débordement se renouvelait en permanence. La Shinra suscitait de nombreuses réactions de la part des citoyens.

- Ils prétendent ne pas avoir connaissance des faits, mais c'est faux ! Lança une élève en frappant la table de sa main, soulevant un autre point.
- Ils pompent l'énergie de la planète... Ils vont tous nous tuer si ça se trouve ! Approuva un garçon.
- Ils ne pensent qu'à l'argent ! Notre survie leur est égale ! Enchaîna un autre.
- Ouais mais sans eux, on serait déjà mort !
- Tu prends leur défense ?!
- Ils nous protègent quand même, non ?
- Et à quel prix ? On est tous fauché à présent !
- Ouais, ben je serais curieuse de savoir qui paiera leurs foutus impôts le jour où la population sera éradiqué !
- Si je pouvais, je leur dirais bien ma façon de penser !
- Essais donc et tu te devras en découdre avec les Turks !


Des exclamations retentirent face à ce nouveau point. Linoa tressailli en entendant ce mot. Les Turks... Une organisation mafieuse de la shinra. Ils s'occupent de toutes les tâches pas très nettes... Le sale boulot comme on dit en ville. Des meurtres, assassinats, kidnapping... Tout ce qui se dressent contre la shinra doit en découdre avec les Turks, l'organisation terroriste que paie la shinra. A peine un mouvement rebelle se dresse contre la société que les Turks ont déjà réglée l'affaire. On les qualifie de « tueurs de l'ombres ». Ils sont craints de tous de par leur cruauté et leur froideur. Il arrive d'en croiser en ville de temps à autre pendant leur moment de détente, ou tout simplement au cours d'une mission bien qu'ils se montrent discrets.

- En effet, les Turks sont une force à ne pas sous-estimé. Ce qui soulève un autre point, les interrompit Quistis en retenant l'attention de ses élèves derrière son bureau. La protection du citoyen... Certes la shinra a commis de nombreuses erreurs et continue d'en commettre. Mais ils assurent notre protection grâce à la force militaire appelé le SOLDAT. Des humains à qui ont injectent de la mako pour accroître leur capacité. Ils nous permettent également de vivre à l'aide de cette mako, la seule énergie utilisables sur cette Terre.
- Mais... La coupa un élève. Vous ne nous aviez pas dit que la mako était le sang de la planète ?
- Plus communément appelé la rivière de la vie, acquiesça le professeur d'un air morose. En effet, c'est le sang de la planète composée de la sagesse des anciens qui ont donné leur vie pour sauver leur peuple... A force de pomper cette énergie, il ne restera bientôt plus un souffle de vie à cette planète. Une fois asséché, la planète se désintègrera.

Un silence glacial prit d'assaut la salle de classe. Les élèves retinrent leur souffle et la tension monta d'un cran. Ce sujet était un des plus sérieux. Si la fin de cette planète ne les guettait pas à tout instant, personne ne prendrait cette histoire au sérieux. On raconte qu'il n'est pas trop tard pour réagir. Ceux qui déblatèrent les faits que "la shinra tue la planète à petit feu" sont des groupes rebelles et terroristes qui se dressent contre la société. Ils tentent de convaincre le monde des méfaits de la compagnie shinra. Mais comme tout groupe rebelle, ils finissent par se faire tuer par les Turks, non pas sans laisser planer le doute parmi les habitants de Midgar. Mais tout est sous le contrôle de la shinra, y compris la presse. Donc ils peuvent raconter ce que bon leur semble pour rassurer le peuple, en inventant que les terroristes sont mentalement déficient par exemple. Combien de temps leurrons-t-ils encore le monde ? Combien de temps avant qu'ils ne se rendent compte que la fin du monde approche ? Pourquoi les gens ne voient-ils rien ? Ont-ils peur à telle point qu'ils préfèrent ignorer les malheurs du monde ? Ou bien ne se sentent-ils pas concernés ? La shinra est la seule à pouvoir encore agir en stoppant le pompage de l'énergie vitale de la planète... Et bien entendu, ils ne comptent pas prendre le risque de faire faillite en cessant l'activité de leurs réacteurs mako. Tifa baissa les yeux d'un air abattu, aussi déprimé que les autres. Plus même parce que contrairement à ses camarades, la jeune femme était plus au courant de la situation grâce à son « informateur particulier». Même Linoa avait perdu son enthousiasme habituel.

- Rassurez-vous, la planète ne laissera pas passer ça, ajouta le professeur Quistis en gardant le même ton calme et posé.
- Ouais et elle nous le fera payer ! Elle invoquera un monstre pour tout détruire comme autrefois ! A la différence que Yevon ne sera pas là pour nous sauver !! Dit un garçon à voix haute, ce que les autres approuvèrent silencieusement.
- Je ne veux pas voir ça, moi ! Geignit une fille. Plutôt mourir !
- T'inquiètes, on n'aura pas l'occasion d'assister à la fin du monde, c'est la crise économique qui va nous avoir avant !
- Argh, arrête, je préfère encore me faire tuer par l'une de ces Armes légendaire !
- Mais c'est quoi ces Armes ?

- On a fini par rentrer dans le sujet que je voulais aborder à ce que je vois, reconnu le professeur Quistis avec un sourire satisfait. Les Armes sont des monstres légendaires qui ont été invoqué par la planète afin de la protéger des envahisseurs. Ce qu'il faut savoir, c'est que les Anciens... ?!

La porte de la salle de classe s'ouvrit brusquement à la volée, interrompant le cours. Tous les regards surpris se portèrent sur un jeune homme essoufflé qui manqua de trébucher en s'arrêtant devant le professeur Trèpe.

- Je... je ne suis pas en retard !! S'écria le nouveau en affichant un air grave.
- Si, et d'une demi-heure Mr Fair ! Ce n'était pas la peine de nous faire l'honneur de votre visite, trancha méchamment le professeur en lui adressant un regard assassin à vous glacer le souffle.

Des éclats de rires s'élevèrent, la tension disparue et le sujet de la fin du monde fut vite oublié. Le nouveau venu, Zack Fair, esquissa un sourire confus et désolé à son professeur. Inutile d'espérer un traitement de faveur, Quistis le « détestait ». La raison principale de cette haine est sans doute due au fait qu'il arrive toujours en retard et distrait ses camarades de cours par la même occasion - quand il n'arrivait pas en retard en cours, il dormait... Les élèves s'animèrent à son arrivé.

- Hee Fair, encore en retard !!
- Continue comme ça et tu vas te faire virer !
- C'est comme ça que tu comptes avoir ton diplôme ?!
- La ferme !
Leur lança Zack faussement vexé.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce garçon détends l'atmosphère par son entrain communicatif et sa joie de vie débordante. Tifa en esquissa même un sourire alors que Linoa roula les yeux au ciel. Le grand et beau jeune homme musclé à la chevelure noir et négligé peinait à se défendre contre les moqueries amicales de ses camarades de classe. Ses yeux avaient une magnifique couleur bleu qui brillait de manière étrange et inhabituelle. Sa tenue était négligée et il donnait l'impression d'avoir couru très vite. Pourtant le garçon ne paraissait pas si fatigué qu'il en avait l'air. Son côté détaché et désinvolte exaspérait Quistis.

- Zack ! L'appela alors Linoa en lui faisant un signe de la main.

L'ayant remarquer, Zack lui adressa un clin d'½il. Linoa gloussa à côté de Tifa. Tout ce qui est masculin semble avoir de l'impacte sur sa jeune amie. Tifa fit semblant de ne pas avoir remarqué. Quistis, elle, ramena rapidement Zack à la réalité en lui assénant un violent coup sur la tête à l'aide d'un de ses dossiers.

- AÏE !! Professeur !! Gémit Zack en se massant le sommet de son crâne – nouvel éclat de rire dans la salle.
- Puisque vous vous êtes donné la peine de sécher le début du cours, vous devez donc maîtriser le sujet ? De quoi parlions-nous ?
- Euh... De la récolte de grains pour chocobo ?


Nouveaux éclats de rire dans la salle de classe. Quistis dévisagea Zack le plus sérieusement du monde.

- Et qu'est-ce que la shinra ? Questionna-t-elle en le fusillant du regard.
- Euuuh... La compagnie qui m'a embauché comme SOLDAT ? Répondit innocemment la victime.

Le regard furibond du professeur, suivit d'un nouveau coup de cahier sur la tête, déclencha une énième vague d'hilarité de la part de ses camarades. Zack sourit innocemment – ou il grimaçait ? Difficile à dire... La plaisanterie n'eut pas l'effet escompté. Si les yeux de Quistis avait été des revolvers, Zack serait mort à l'heure qu'il est. Comment pouvait-il, ne serait-ce que songer, qu'un regard doux attendrirait la grande Quistis Trèpes, experte en matière de punitions et d'heures de colle... Dans une veine tentative, le jeune homme adressa un regard mielleux à son professeur dans l'espoir que celle-ci en oublie sa ranc½ur. Vaine tentative...

- Allez vous asseoir ! Ordonna-t-elle avec dédain en retournant à son bureau pour faire part dans le cahier d'appel de la présence miraculeuse de la vict... de l'élève.
- Mais c'est vrai, non ? Insista Zack. C'est la shirna qui donne du travail aux jeunes et c'est à cause de ce travail que je suis en retard !
- Comme d'hab quoi... Ironisa un élève.
- Il faut bien quelqu'un pour protéger les habitants de Midgar ! Lança fièrement Zack en bombant le torse.
- Je m'en vanterais pas à ta place ! Intervint Selphie avec un air renfrogné, les bras croisé sur sa poitrine en toisant son camarade du regard. Tu sais très bien que la shinra utilise des réacteurs qui pompent l'énergie de la planète !
- Je viens à peine d'arriver tu me « pompes » déjà mon oxygène avec ça, rouquinette ? Rechigna Zack en roulant les yeux d'un air agacé.
- C'est Selphie, pas « rouquinette » !! ...Et puis non, toi tu peux m'appeler « Maître Timilt la Grande » ! Indiqua Selphie en affichant un air solennel mais revêche - elle était sérieuse.
- C'est ça, t'as le droit de prendre tes rêves pour des réalités, se moqua son interlocuteur en grimpant les marches de l'estrade afin de rejoindre sa place.

Tous les élèves avaient les regards figés sur la conversation qu'entretenaient les deux jeunes gens. Quoi qu'une conversation est un bien grand mot concernant ces deux là. Les regards provocateurs qu'ils s'adressaient mutuellement suffisaient à montrer leur manque de sympathie. Les raisons de cette agressivité restent vagues... Zack affirme que Selphie est amoureuse de lui, ce que dénie constamment la rouquine. Affaire personnelle ? D'après la rumeur, c'est Selphie qui aurait lancé les hostilités alors même que ces deux là venaient d'intégrer la faculté de Balamb. Autant dire que cette histoire remonte à bien longtemps. Une autre rumeur circule sur le fait qu'ils seraient sortis ensembles... Un fait que personne ne peut confirmer puisque les concernés restent silencieux lorsqu'on les interroge. Mais une chose est sûr, ils se connaissent depuis longtemps. Selphie défiait Zack du regard alors qu'il s'étirait en riant avec son camarade de classe. Ce dernier n'étant pas le moins du monde affecté par cette haine. D'ailleurs, il n'avait même jamais véritablement comprit à quel point Selphie pouvait le détester. Sans doute à cause de son attitude détachée et j'm'en foutiste... Cette attitude irrita Selphie qui revint à la charge :

- Tu te prends pour un justicier alors que ta compagnie détruit le monde ?!! T'es vraiment débile ou tu le fais exprès ?!!

Des exclamations et sifflements se joignirent à la bourrade de la rouquine. Accompagnant le tout, elle frappa sa table du poing. Tifa sursauta alors que les élèves commencèrent à s'agiter. Quistis poussa un soupire. Elle avait visiblement abandonné la partie. Lutter contre des élèves qui n'ont aucun intérêt pour le cours est une perte de temps selon elle. Le professeur Quistis a déjà stipulé à nombreuses occasions qu'elle n'est pas prête à faire cours à des étudiants qui n'en ont rien à faire. Celui qui n'écoute pas assumera ses actes lors de l'examen final. L'agitation étant générale, Tifa grimaça en réalisant qu'ils prenaient à nouveau du retard sur le programme.

- Je ne vois pas où est le mal ? La shinra n'est pas 100% mauvaise, elle aide bien la population à vivre mieux grâce à l'énergie mako et elle protège les civils contre les groupes de terroristes comme Avalanche... Rétorqua Zack d'un air détaché, la conversation commençant à l'ennuyer.
- Oooh donc selon toi, la shinra est porteuse de paix et de bonheur ? Traduit Selphie sur un ton sarcastique. Un modèle à suivre... Composé de gentils anges gardien dont la principale préoccupation est le bien être des gens même si pour cela il leur faudra soustraire la moindre particule de vie de la planète ?! Quitte à nous détruire d'ailleurs !
- T'exagère pas un peu ? Ricana Zack face à l'excitation de la rouquine.
- Et l'environnement, l'écologie, ça te dit quelque chose, égoïste ?!! S'écria alors Selphie en se levant brusquement. Comment peut-on être si aveugle ? Les percepts de la shinra sont d'un égoïsme affligeant !! Pas étonnant que tu en fasses partie !! La shinra nous tue lentement mais ce sont des héros alors quelle importance alors qu'ils se remplissent les poches avec la vie de la planète ?!! Aaah quelle belle mentalité franchement !
- Hé calme-toi rouquinette ! L'interrompit Zack sur la défensive.

Les yeux de Selphie émettaient une lueur de rage comme si elle voulait se jeter sur lui pour lui arracher la bouche. Par chance elle se retint de répéter son prénom. Les élèves en avaient le souffle coupé et personne n'osait intervenir dans ce débat d'une aggressivité rare. Selphie était connu pour avoir du caractère et des valeurs. Mais il était rare de la voir sortir ainsi de ses gongs. Le seul capable de la mettre dans un état de colère incommensurable était bien entendu Zack. Loin d'être effrayé – bien que sur la défensive malgré tout – Zack poursuivit d'un air sérieux.

- Je n'ai jamais dit le contraire ! J'ai dit que la shinra n'est pas 100% mauvaise, je n'ai pas dit qu'elle était un modèle de perfection... Se justifia-t-il légèrement vexé. Je sais très bien que les activités de la shinra nuisent gravement à la santé de la planète...
- Oh vraiment ? Alors pourquoi tu travailles là-bas ?!
- Parce que c'est super bien payer !
Annonça Zack en provoquant l'hilarité de ses camarades.

La stupéfaction de Selphie fut telle qu'elle en ouvrit la bouche. L'atmosphère sembla plus détendue pour les élèves après la vanne du SOLDAT. Mais la rage de Selphie sembla monter en intensité. Elle avait beau savoir que Zack n'avait pas de principe et qu'il voyait la vie avec légèreté, elle ne croyait pas ce qu'elle venait d'entendre. Tifa craignait une guerre diplomatique entre ces deux là. Linoa pouffa en reconnaissant la répartie de son ami Zack. Le sourire malicieux qu'il afficha sur son visage suffit à comprendre qu'il n'avait pas peur de la pression morale et qu'il était sûr de lui. C'est sans doute un talent dont sont dotés tous les membres du SOLDAT. Une qualité que devait bien leur reconnaître Tifa.

- Vous venez d'aborder un sujet bien intéressant Zack, les interrompit alors le professeur Quistis en rétablissant le calme de son regard revolver. L'économie mondiale est mal répartie ! La shinra réclame des loyers, des taxes, et tout autre paiement pour le bien de Midgar. Dans ce cas-là, comment expliquer que le taux de mortalité de la population est toujours plus élevé dans les taudis que sur la plaque ? La raison pour laquelle les gens des taudis souffrent autant, c'est que personne ne prend soins des taudis alors ils sont laissés à l'abandon et les gens ne vivent pas aussi bien que sur la plaque - La shinra déversant la quasi-totalité de l'économie pour la plaque, la partie « supérieur » de Midgar. Nous voyons là une trop grande inégalité budgétaire entre la catégorie des « riches » et celle des « pauvres ». De plus, les réacteurs mako polluent l'air des taudis, ce qui n'arrange en rien les conditions de vie des citoyens des taudis...
- Mais si cet endroit est misérable, pourquoi les gens ne quittent-ils pas cet endroit pour s'installer sur la plaque ? Interrogea une fille au premier rang.
- Par manque de place dans un premier temps... La plaque a beau être immense, si les habitants des taudis décidaient de s'y installer, tout le monde serait entassé et la vie deviendrait trop difficile pour tout le monde, expliqua Quistis en réajustant ses lunettes sur son nez. La seconde raison est financière comme vous pouvez vous en doutez. Tout ce qui est sur la plaque est beaucoup trop cher. Les gens ne peuvent pas quitter aisément les taudis au risque de se retrouver sans abris et sans travail s'ils n'ont pas de ressources. Ca et le fait que certains d'entre eux aiment leur Terre, aussi polluée soit-elle...
- Mais les choses ne sont pas plus facile sur la plaque que dans les taudis, fit remarquer Linoa. Il ne faut pas croire que la plaque est réservé aux nobles et aux fortunés ! Les taxes sont très élevées et les logements très coûteux pour tout le monde !
- J'en sais quelque chose, approuva Zack en s'affalant sur sa table, un air désespéré dessiné sur son visage. Même en étant SOLDAT je peine à payer le loyer de mon appart... Et en plus j'ai beau vivre en collocation, ça ne change pas grand-chose. C'est pour vous dire...
- C'est fou ce que tes histoires nous intéresse, railla Selphie qui s'était rassit depuis un moment.
- Je ne t'ais pas demandé ton avis, sale mégère ! Rétorqua Zack en la fusillant du regard.
- Ca suffit ! Ordonna Quistis avant que les élèves ne se dissipent à nouveau. On est tous d'accord sur un point : Midgar a beau être la ville la plus riche et le plus grande du monde, l'argent est mal répartie et tout ça parce que la compagnie gèrent mal leur budget. Leur priorité étant de se remplir les poches au lieu de régler les problèmes plus important comme la famine dans certaines zones de Midgar ou bien la prostitution, la délinquance, les réseaux de pédophilie...

Les élèves se jetèrent des regards anxieux. Le monde tombait bien bas... Quiconque écouterait le récit du professeur Quistis penserait automatiquement à un vieux film de l'ancien temps, mais aucunement à la réalité. Toutes ces énumérations existaient bel et bien en masse. Dans le fond, personne ne s'occupait des habitants, la shinra ne se sentait nullement concerné par leurs malheurs... Le professeur Quistis n'était pas tendre avec la shinra pour ces raisons. Elle n'avait pas peur de les critiquer ouvertement, et psalmodiait tout haut ses ressentiments envers la compagnie à qui voulait l'entendre. Elle disait tout haut ce que les autres pensaient tout bas. Elle était la seule à dire ses quatre vérités à Heidegger, un membre de la shinra, lorsqu'elle se trouvait face à lui, ignorant les risques que cela pourrait procurer à sa réputation ou bien son poste. Elle était courageuse et franche. Tifa l'admirait pour ça.

- Ouais, pour s'en sortir, il faut presque épouser un membre du SOLDAT, gloussa une fille en jetant un regard mielleux à Zack.
- Même pas, répondit l'intéressé avec un demi-sourire. Malgré la sureté de l'emploi, on n'est pas si riche que ça... L'alimentation est assez cher, les vêtements, les transports en commun...
- Oh arrête, tu vas me faire pleurer ! L'interrompit une nouvelle fois Selphie scandalisée. Mais écoute-toi un peu ! Tu réalises que tu as un emploi, TOI !! Tout le monde n'a pas cette chance, surtout dans les taudis ou le plus grand nombre d'opportunité vient des réseaux de prostitution pour les filles et de ventes illégales pour les garçons ! J'ai lu dans le journal qu'un enfant de 10 ans se prostituait pour subvenir aux besoins de sa famille !

Tifa tressaillis en entendant cette nouvelle. Cet article sur cet enfant prostitué faisait la une d'un journal tenu par des clandestins anti-shinra. Toutes ces informations étaient justes et dénonçaient ce que la shinra peinait à cacher à la population. A l'heure actuelle, ils sont recherchés par les membres du SOLDAT pour « publication illégal et mensongères ». Mais tout le monde sait bien que toutes ces informations sont véridiques. Mais personne ne réagit... Tifa était surprise de constater que Selphie lisait ce journal... D'un autre côté, il n'y avait rien d'étonnant pour une écologique anti-shinra telle qu'elle. Pourtant, elle était mal placée pour critiquer Zack. Ce n'est pas comme s'il était le seul à ignorer les agissements de la shinra et faire comme si de rien n'était... En fait, les mouvements rebelles étaient rares...

- Alors tu n'as rien à dire ! Poursuivit Selphie avec hargne. Comment pourrais-tu comprendre la souffrance de ceux qui vivent dans les taudis ?! Tu ne sais rien du tout ! Tu as cette chance de vivre sur la plaque alors ton avis ne compte pas ! Toi et Linoa êtes mal placé pour parler de malheurs !

Linoa redressa la tête et lança un regard rancunier à Selphie. Elle ne voyait pas pourquoi elle était mêlée à cette histoire. Elle ne faisait que dire ce qui lui passait par la tête. Et puis, les mots de Selphie étaient injustes. Ce n'est pas elle qui est riche, mais son père... Pourquoi devrait-elle payer les brimades des autres pour quelque chose dont elle n'est pas responsable ? D'accord elle en profite, mais n'importe qui en ferait de même à sa place. Inutile de gâcher sa salive à débattre de ça avec Selphie. Si Linoa ne voyait pas l'intérêt de répliquer, malgré sa colère, Zack n'était pas de cet avis.

- J'ai beau partagé un appart sur la plaque, ma vie se trouve dans les taudis ! Rétorqua Zack en haussant le ton avec dédain. Tous mes amis vivent dans les taudis et je les vois lutter tous les jours pour survivre dans ce milieu hostile ! Impuissant sans pouvoir leur faire partager le peu d'argent que je gagne parce qu'il me sert à payer ce foutu loyer qui me bouffe les ¾ de mon salaire minable ! Après tout, je ne suis pas une première classe ! C'est pas parce qu'on est SOLDAT qu'on n'a pas de c½ur, qu'on ignore tous et qu'on est indifférent ! Chacun fait ce qu'il peut pour « survivre » ! Je ne peux rien faire pour les gens des taudis à part les protéger et leur garantir la sécurité ! Je ne fais QUE mon job !
- Arrête de te croire supérieur !! S'empourpra Selphie dont la voix vira à l'aigue.
- Je ne me crois pas du tout supérieur !! J'agis comme tout le monde : je vis ! Tu crois peut être que j'ai plus de chance que les autres ? Que tu es la seule à souffrir en ce bas monde ? Et bien je vais t'apprendre un truc, Melle la prétentieuse, t'es pas la seule à lutter dans les taudis ! Ta situation n'est pas désespérée, contrairement à d'autres ! J'aurais honte à ta place de promettre des choses à ces pauvres gens, leur faire des promesses que tu ne pourras pas tenir !! Tu n'es pas si différente de la shinra ! La différence entre vous c'est qu'eux propose des solutions pour qu'une grande partie de la population puisse vivre en paix ! Toi tu ne fais que gaspiller ta salive en faisant chier le monde avec tes propos incohérents et vide de sens !! Alors ferme-là !

Selphie hoqueta mais resta bouche bé. C'était vraiment un coup bas. Tifa en avait le souffle coupé. Selphie se contenta de fixer méchamment son adversaire sans cligner des yeux, à défaut de rétorquer quelque chose. La rage et la honte se lisait dans son regard. Les mots devaient lui manquer... Un combat de regard impressionnant débuta dans lequel chacun soutenait son point de vue et n'était pas prêt à donner raison à l'autre partie. La conversation avait pris des proportions dramatiques, exagérées et personne ne semblait vouloir s'en mêler ou prendre partie de peur de s'attirer les foudres du côté opposé. Le dialogue – si on peut appeler ça un dialogue - se solda par un match nul. Chacun avait des arguments fiables et tous deux avaient raisons. Se retourner les uns contre les autres alors que le problème reste le même : la pauvreté dans le monde accable la population... C'est idiot. Ce n'était pas la première fois que ces deux là se chamaillent et montent le ton mais jamais de cette manière là. Se lancer des piques et comparer leur vie alors qu'elles sont différentes. Selphie mettait du c½ur dans tout ce qu'elle entreprenait. Et son combat pour lutter contre les inégalités entre les gens de la plaque et ceux des taudis lui tenait particulièrement à c½ur. Les mots de Zack venaient de la blesser, Tifa pouvait le lire dans ses yeux.

- Je n'ai pas la prétention de dire que je pourrais sauver le monde... Et je sais qu'il y a pire que moi comme situation... Ajouta Selphie d'une voix basse.

La rousse reprit sa place silencieusement avec un regard vexé sous les regards de ses amis. Elle semblait abandonner le combat. Quistis était resté silencieuse et vigilante pendant le débat, au cas où il serait urgent pour elle d'intervenir avant que les choses deviennent hors de contrôle... Zack poussa un soupire et son visage indiquait qu'il regrettait d'être allé trop loin, bien que Selphie l'ai cherché. Pourtant il était trop borné pour songer à s'excuser, encore moins lorsqu'il était convaincue d'avoir raison... Ces enfantillages sont immatures pour des étudiants qui se battent pour avoir un avenir. Linoa n'hésita pas à le faire remarquer à voix plus ou moins haute à Tifa. Quelques regards se tournèrent alors vers elles et des messes basses s'élevèrent. Si Tifa s'imaginait que la raison était les paroles de Linoa, elle déchanta rapidement. Un malaise s'installa en elle. Il ne lui fallu pas longtemps avant de comprendre les raisons de ces dialogues silencieux. Tifa fuyait ces regards appuyés sur elle, tentant de les ignorer, faire comme si ça ne la dérangeait pas. « Ne me regardez pas... s'il vous plait, oubliez-moi... » Supplia Tifa intérieurement en faisant mine d'inscrire des notes sur sa feuille. Des ricanements se distinguèrent. Pourquoi ne peut-on pas devenir invisible quand bon nous semble ? Les paroles de Selphie lui revinrent en tête « Et je sais qu'il y a pire que moi comme situation... ». Bien sûr qu'il y a pire comme situation. Pire que de payer un logement trop cher, pire que de vivre dans les taudis - la partie la plus malsaine et souterraine de la ville - pire que de gagner un salaire minable qui permet à peine de se payer des boîtes de conserve pour se nourrir ... Et même honteuse et humiliantes d'après certaines personnes... Et le pire, c'est que Tifa accumulait tous ces points en plus de « ça ». Pourtant, elle ne se considérait pas comme malheureuse ou désespérée... D'où l'ironie de la situation. Le fait de ne pas se plaindre et se montrer discrète n'a aucun effet sur le reste de la population. Les préjugés et les critiques affluent de tous les côtés lorsqu'elle marche dans une rue... Des regards malsains se collent sur elle et certains n'hésitent pas à la rabrouer sans véritables raisons. Un groupe de filles gloussa et une voix réagit à ces comportements.

- Ca va, lâchez-là un peu !

C'était Zack. Linoa approuva en fusillant du regard les étudiants qui fixaient Tifa. Cette dernière leur en était reconnaissante. Mais c'était inutile, les mots ne suffiront pas à calmer les gens. Tout ce qu'il y a à faire c'est encaisser. Malgré tout, les élèves exécutèrent l'ordre de Zack. Il était aussi populaire qu'Aéris et très apprécié. Les étudiants se fiaient à son jugement pour quasiment tout. C'était un garçon plein de charme sur qui on peut compter. Le jeune homme adressa un sourire encourageant à Tifa. Elle répondit de la même manière avec reconnaissance. Quistis profita de l'occasion pour recommander aux élèves, qui en ont l'occasion, de quitter la ville au plus vite avant de se retrouver engrainé dans un réseau malsain et ne plus pouvoir s'en sortir. La sonnerie marqua ainsi la fin du cours sur cette fausse note...

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# Posté le samedi 30 mai 2009 09:49